Berchem-Sainte-Agathe 1082

Tandem, un café vélo au cœur du quartier Madou

5 jeunes trentenaires ont lancé un projet étonnant à Madou (Saint-Josse-ten-Noode) : Tandem où vous pouvez à la fois boire un café, découvrir des préparations faites maison avec des produits locaux et… réparer votre vélo.

Direction le quartier Madou, à proximité de l’arrêt de métro éponyme et le long de l’avenue des arts. Là, dans la cour intérieure d’un bâtiment d’affaires situé au numéro 7, se trouve Tandem. Ce nouveau lieu atypique plaira tant aux gourmands qu’aux cyclistes : " Tandem, c’est un café, un atelier de réparation et une boutique sur l’univers du vélo ! " résumé Céline, fondatrice du projet. "Nous proposons également un pôle événementiel et d’animation avec des ateliers comme un workshop sur comment préparer ses vacances à vélo. "

Pour la partie Horeca de l’établissement, l’accent est particulièrement mis sur une nourriture locale et de qualité. " Nous faisons essentiellement de la petite restauration — sandwiches, salades et desserts — faite maison avec des produits bio, de saison, locaux. Par exemple, à l’exception d’une seule belge, toutes nos bières sont bruxelloises. " Pour le moment, pour respecter au mieux les mesures sanitaires, Tandem ne propose que du take away, mais à terme, la restauration se fera aussi sur place.

Ah, mon beau vélo !

L’atelier vélo, lui, ouvre aux mêmes horaires que le café et compte deux mécaniciens. " Les cyclistes peuvent soit faire de l’autoréparation, soit apprendre à réparer leur vélo, ou simplement attendre en prenant un café et un morceau de gâteau! Les ateliers vélo traditionnels sont parfois un peu brut de décoffrage… Du coup, ici, nous cherchons à créer un lieu chaleureux où chacun peut se sentir à l’aise. L’idée, c’est vraiment de rendre la réparation du vélo plus fun, plus conviviale. "

Les mécaniciens réparent la plupart des vélos — si ce n’est les vélos électriques dont les problèmes impliquent généralement un changement à l’intérieur du moteur. Concernant les prix, Tandem s’aligne sur les tarifs horaires des points vélo — soit une quarantaine d’euros par heure — et est ouvert à tous. " Comme les magasins de vélos sont souvent débordés, ils prennent en priorité la réparation de vélos achetés chez eux. Nous, on ne vend pas de vélos, et donc on n’est pas attachés à certaines marques pour la réparation. " explique Céline.

Ce mix original — entre restauration et cyclisme — donne ainsi toute sa spécificité à Tandem. " Puis, cela donne une ambiance toute particulière. Je trouve cela chouette : quand tu viens bosser, tu peux venir observer tout ce qui se passe autour et donc ici, ces réparations… Puis le trio vélo-café-bière fonctionne très bien chez les cyclistes! "

D’un évènement pop-up à un lieu définitif

À la base de ce projet, un couple, Céline et Florent, a décidé d’exporter à Bruxelles ce concept de café vélo que l’on peut déjà retrouver dans d’autres grandes villes européennes. " Nous trouvions cela fou que ce concept fonctionne si bien ailleurs, mais ne soit pas encore présent à Bruxelles — pourtant en plein boum des vélos. " Avec le soutien de Villages Partenaires qui propose un accompagnement destiné aux starts-up, le couple a ainsi lancé leur projet en mode pop-up au parc Félix Hap d’Etterbeek pendant l’été 2017. " L’objectif était de voir si le public était réceptif à cette formule nouvelle dans le paysage bruxellois. "

En 2018, le couple a remis le couvert, mais cette fois-ci au Centre communautaire de Molenbeek avec de nouveaux horaires. " Nous voulions tester des horaires de journée et voir s’il était possible de toucher un public de bureau, et pas juste un public de soir et de week-end. Nous avons deux enfants… Ce rythme — toutes les soirées et tous les week-ends — était peu compatible avec notre vie de famille. " Lors de cette deuxième expérience, Céline et Florent ont été rejoints par d’autres membres dont Amandine, Gautier et Corentin qui forment désormais — à cinq — l’équipe organisatrice. Outre ces cinq membres, Tandem fonctionne comme une coopérative avec près d’une centaine de coopérateurs qui participent au financement et donnent leur avis sur le fonctionnement de l’établissement. " Ces coopérateurs forment une véritable communauté qui s’investit dans le projet et le fait vivre. "

Après la mise en place de cette coopérative, les 5 jeunes trentenaires ont cherché un lieu où se poser d’une manière définitive, et non plus d’une manière éphémère comme lors des deux premiers évènements. Après des mois de recherches, les passionnés de vélos ont eu un véritable coup de cœur pour ce rez-de-chaussée installé dans ces bureaux Mundo. " Mundo retape d’une manière écologique et éthique les bâtiments pour accueillir des associations respectueuses de leurs valeurs, ainsi qu’un établissement Horeca. Nous avons répondu à un appel d’offres et nous avons gagné! ".

Quatre ans après l’idée du projet, Tandem voit enfin le jour, même si le coronavirus a postposé de plusieurs mois l’ouverture officielle — prévue initialement en mars 2020, et finalement réalisée en juin.

Le vélo superstar ?

Le projet est né aussi d’un constat : le vélo ne cesse de gagner en popularité à Bruxelles. " Pendant cette crise du coronavirus, les Bruxellois se déplacent de plus en plus au vélo, au détriment des transports en commun par exemple. Du coup, j’ai l’impression que Tandem arrive au bon moment. " Selon le Gracq*, le taux de croissance annuel moyen du nombre de cyclistes à Bruxelles est en effet de 13 % depuis 2010, même si l’année 2019 se situe un peu en dessous (+8,9 %).

Si le coronavirus a limité certaines activités de l’établissement, l’équipe de Tandem est toutefois prête pour accueillir les travailleurs, les cyclistes et les familles pendant l’été ! Au programme : des afterworks sur leur terrasse en bois tous les jeudis et vendredis, ainsi qu’une bourse aux vélos ou des brunchs tous les dimanches pour 25 euros. Toutes les informations sur la programmation se retrouvent sur la page Facebook et le site internet du café vélo.

* Le GRACQ – Groupe de Recherche et d’Action des Cyclistes Quotidiens – représente les usagers cyclistes en Belgique francophone et défend leurs intérêts.

Maxime Maillet