Uccle 1180

Sur les traces du conflit 14-18 à Uccle

Dans le cadre des Commémorations du Centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, Vivre ici et le site 14-18 RTBF, vous proposent une découverte des différentes localités belges où les traces de la Grande Guerre sont encore visibles. Notre guide, Isabelle Masson Loodts vous invite en vidéo à partir sur les traces des infirmières Edith Cavell et Marie Depage à Uccle

A Uccle, au croisement des rues Edith Cavell et Marie Depage, devant la Clinique Edith Cavell, se trouve un monument qui rend hommage à ces deux infirmières qui ont connu un destin tragique durant la Première Guerre mondiale. 

Marie Depage l'engagée

Marie Depage, née Marie Picard en 1872, était l'épouse du docteur Depage, fondateur de l'Ecole Belge d'infirmières diplômées de Bruxelles. Infirmière, elle a secondé son mari dans la création de l'Hôpital de L'Océan, au début de la Première Guerre mondiale, à La Panne. En 1915, elle partit réaliser une tournée de conférences aux États-Unis dans le but de récolter des fonds pour alimenter l’Hôpital de L’Océan.

Ce fut un succès : en trois mois, Marie Depage avait récolté près de cent mille dollars. Mais le 7 mai 1915, alors qu'elle rejoint le Vieux Continent à bord du "Lusitania", le navire est torpillé par un sous-marin allemand au large des côtes anglaises. Elle périt avec plus de 1.000 autres personnes, non sans avoir démontré une ultime fois son courage, ainsi qu'en témoigne le Dr Houghton : "(...) sachant que le bateau coulait elle s’occupa à panser les mains des hommes qui s’étaient brûlés en laissant les cordes des chaloupes et à calmer les femmes agitées qui pleuraient sur le pont.(…).Quand finalement nous atteignîmes la lisse, l’eau était presqu’à nos pieds. Alors elle perdit apparemment toute crainte de l’eau car les couleurs étaient revenues à ses joues et elle souriait de nouveau ; je lui dis de prendre une profonde aspiration, de se mettre une main sur la bouche et le nez et de se tenir à moi de l’autre main. Elle se tourna vers moi et dit "all right, come on" et sauta la première à l’eau."

La dépouille de Marie Depage, fut ensevelie au sommet d’une dune, face à la mer, près de l’Hôpital de L’Océan à La Panne.

 

Edith Cavell la résistante

L'Anglaise Edith Cavell était elle aussi liée au docteur Depage. Avant-guerre, elle avait accepté le poste d’infirmière en chef de l’école d’infirmières que venait de créer le Dr Depage à Bruxelles. En 1915, alors qu’elle est restée à Bruxelles malgré le début de la guerre, elle voit arriver à son école deux soldats anglais qui sollicitent son aide. A partir de ce moment, elle intègre un réseau d’évasion initié par des Belges de la région de Mons. Ce réseau fusionnera ensuite avec un autre réseau créé dans le nord de la France. Edith Cavell recevait dans son hôpital des soldats récupérés dans le nord de la France et munis de faux papiers, qu'elle faisait passer pour des accidentés du travail. Elle les confiait ensuite à des passeurs, ce qui permit en quelques mois à 170 soldats de rejoindre les armées alliées.

Le réseau fut mis à mal par l'arrivée de la police secrète allemande à Bruxelles en 1915. Edith Cavell fut arrêtée le 5 août, puis transférée le 10 août à la prison de St-Gilles. Son procès, qui fut aussi celui de 26 autres personnes impliquées dans le réseau d’évasion, se déroula le 6 octobre 1915. Condamnée à mort, Edith Cavell fut fusillée le 11 octobre 1915 au Tir National (actuel Champ des Martyrs, situé juste à côté la cité Reyers). Son exécution fut exploitée par la propagande alliée, au travers de l'édition de cartes postales, d'affiches et de timbres.

Suivez les traces du conflit, avec Isabelle Masson Loodts dans cette vidéo:

Traces et empreintes à Uccle

Juliette Patriarche