Tintigny 6730

Sur les traces du conflit 14-18 à Rossignol

Dans le cadre des Commémorations du Centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, Vivre ici et le site 14-18 RTBF, vous proposent une découverte des différentes localités belges où les traces de la Grande Guerre sont encore visibles. Notre guide, Isabelle Masson Loodts vous invite en vidéo à partir sur les traces des nombreux martyrs de Rossignol

Dans le Luxembourg belge, les traces de la Grande Guerre prennent principalement la forme de monuments et cimetières dont on oublie parfois qu'ils racontent, au-delà des souffrances collectives, des tragédies individuelles.

Le cimetière dit de l'Orée de la Forêt

A Rossignol, le cimetière dit de l'Orée de la Forêt est un des derniers témoins de la dramatique bataille du 22 août 1914 durant laquelle une partie des troupes coloniales françaises a été anéantie. Cette nécropole a été conçue à l'origine comme une cathédrale forestière, mais ses arbres, qui devaient jouer le rôle de colonnes, ont été arrachés par la tempête de 1989.

Ernest Psichari

Le lieutenant et écrivain Ernest Psichari y repose parmi 2.500 autres soldats.

Petit-fils de philosophe, fils d'un des fondateurs de la Ligue des droits de l'homme, Ernest Psichari s'était engagé avec conviction dans l'armée et converti au catholicisme dont il était devenu une figure emblématique. Sa personnalité exaltée a été exploitée après sa mort par certains Français qui voulaient en faire un héros national. Il était l'ami d'un autre écrivain, lui aussi décédé sur le front en 1914, le poète Charles Péguy.

le Monument aux coloniaux

Face au cimetière, le Monument aux coloniaux, aussi appelé Monument aux Marsouins, est, au-delà des apparences, le symbole de la détresse des familles des soldats morts au combat. Le projet de ce mémorial a été lancé par Paul Feunette, dont le fils Gabriel est lui aussi tombé à Rossignol.

Rongé par le remords d'avoir poussé son enfant à s'enrôler dans l'armée, Paul Feunette a fini par mettre fin à ses jours dans la forêt toute proche, un an après l'inauguration du monument, en 1932.

Enfin, de l'autre côté de la route, une stèle en forme de tronc de chêne rend hommage à Jules Cozier. Ce brigadier forestier a été fusillé par les Allemands, à Arlon, le 26 août 1914, en compagnie de ses 2 fils et de plus de 100 habitants de Rossignol.

Le nom de Jules Cozier est aussi repris sur un autre monument qui, en forêt de Soignes, le long du sentier du Grasdelle, à proximité du croisement de la drève du Haras et de la drève des Bonniers, rend hommage "Aux forestiers morts pour la patrie en 1914-1918".

Pour réaliser cette œuvre, son auteur Richard Viandier s'est inspiré des rites funéraires celtiques : ce cromlech compte onze menhirs symbolisant les onze membres du personnel forestier qui soit sont "tombés au champ d’honneur", soit ont été exécutés par les Allemands. Sur chacun de ces monolithes figurent le nom d’un des forestiers et sa localité d’origine.

Suivez les traces du conflit, avec Isabelle Masson Loodts dans cette vidéo:

Traces et empreintes à Rossignol

Juliette Patriarche