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Sur les traces du conflit 14-18 à Liège, du cavalier Fonck au café liégeois

Dans le cadre des Commémorations du Centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, Vivre ici et le site 14-18 RTBF, vous proposent une découverte des différentes localités belges où les traces de la Grande Guerre sont encore visibles. Notre guide, Isabelle Masson Loodts vous invite en vidéo à découvrir les traces du conflit à Liège, du cavalier Fonck au café liégeois.

Dès le début de la Première Guerre mondiale, au mois d'août 1914, la province de Liège sera le théâtre des premiers combats du conflit. Le premier tué de la Grande Guerre tombe le 4 août 1914, à Thimister : il s'agit du lancier Antoine Fonck, qui a donné son nom à la caserne éponyme, à Liège. Dans la Cité ardente, de nombreux autres monuments et noms de rue rappellent les tragiques événements de cette période.

La place du 20 Août (où se trouve la faculté de Philosophie et Lettre de l'ULg) a été nommée ainsi pour commémorer l'assassinat par les troupes allemandes, le 20 août 1914, de 17 civils, choisis au hasard, et fusillés sur la place de l’Université, avant de l'incendier.

Les vestiges de la ceinture des forts de Liège sont d'autres témoins matériels des événements du mois d'août 1914. Entre 1888 et 1891, le général belge Henri Alexis Brialmont avait fait ériger une douzaine de forts en béton autour de la Cité Ardente, à sept kilomètres environ du centre-ville. Ce système de défense était comparable à celui de Monsieur de Séré de Rivières, autour de Verdun, construit suite à la défaite française lors de la guerre franco-allemande de 1870.

Le 5 août 1914, lorsque les Allemands entament autour de Liège ce qui deviendra la première bataille de la Grande Guerre, les forts liégeois, en béton non armé, sont déjà obsolètes... Ils n’ont en effet pas été conçus pour faire face aux nouveaux calibres de l’artillerie allemande, beaucoup plus performante qu’à l'époque de leur construction !

Les Allemands arrivent notamment avec d’énormes mortiers de 420 mm, les Grosses Bertha, devenues célèbres pour les dégâts qu’elles provoquent. A Loncin, en particulier, le 15 août 1914, c'est un terrible bombardement qui fit exploser une des deux poudrières du fort, provoquant l'ensevelissement de 350 soldats sous les décombres.

Les forts de Liège résistèrent quand même une dizaine de jours à la surprise des Allemands. Ce qui permit à la France et à l'Angleterre de gagner un temps précieux pour terminer à temps leur mobilisation dans la Marne, où ils parvinrent à stopper l'avancée des troupes allemandes. C'est pour cette raison que la Légion d’Honneur fut décernée par la France à la Ville de Liège dès le 7 août 1914, pour honorer la résistance de sa ceinture fortifiée.

C'est aussi en hommage à la résistance des forts de la Cité Ardente que les Parisiens ont voulu rebaptiser leurs "cafés viennois" en "café liégeois", pour remplacer la référence à l'ennemi ! À Paris, une rue et sa station de métro (sur la ligne 13) voient aussi remplacer leur mention de Berlin par celle de Liège.

Suivez les traces du conflit, avec Isabelle Masson Loodts dans cette vidéo:

Traces et empreintes à Liège

Juliette Patriarche