Dinant 5500

Sur les traces du conflit 14-18 à Dinant

Dans le cadre des Commémorations du Centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, Vivre ici et le site 14-18 RTBF, vous proposent une découverte des différentes localités belges où les traces de la Grande Guerre sont encore visibles. Notre guide, Isabelle Masson Loodts vous invite en vidéo à découvrir les traces du conflit. Aujourd'hui nous allons à Dinant sur les traces de ses monuments aux morts et du souvenir aux prises avec les différents courants de pensée après guerre.

La ville de Dinant et les villages avoisinants ont payé un lourd tribut humain à la Première Guerre mondiale : entre le 22 et le 24 août, 674 civils ont été exécutés, et 950 maisons incendiées par les Allemands. Après guerre, la cité mosane, comme d'autres villes martyres, a été dotée de nombreux monuments du souvenir. Certains de ces mémoriaux nous montrent la façon dont différents courants de pensée vont s'impliquer et parfois s'opposer autour de la commémoration de ces massacres...

C'est le cas, en particulier à Leffe, un faubourg de Dinant qui a compté le plus grand nombre de fusillés, soit 243 personnes. Sur la petite place, face à l’abbaye des Prémontrés, au lieu-dit " A la cliche de Bois ", la société de libres penseurs " L’Étoile " avait érigé vers 1920 un édicule orné d'une colonne brisée... Ce dernier a été remplacé en 1930 par le mémorial du " Sacré-Cœur ", un projet défendu par le cercle Les XXI, qui a suscité la polémique.

Le collège échevinal avait auparavant refusé un autre projet représentant une pleureuse. Le fait qu'il ait opté finalement pour l'image pieuse du sacré-cœur de Jésus, nous montre qu'après guerre, la dévotion reste importante dans le pays. A côté du groupe sculpté représentant un jeune garçon accroché à la jupe de sa mère, l’épigraphe ne comporte que la mention de la date fatidique du 23 août 1914 et la dédicace "A nos martyrs". Certaines familles irritées par la récupération idéologique de l’événement ont refusé que les noms des défunts soient gravés sur les parois du monument.

La colonne brisée des libres penseurs, privée de sa palme dorée lors de son déplacement, reste visible à quelques pas de là, dans le vallon des Fonds de Leffe, au lieu-dit " Papeterie ". Sa base est ornée d' un élément décoratif (don de l’hôtelier Adelin Henroteaux) sculpté de volutes, de fleurs et d’une feuille d’acanthe : une manière d'afficher les convictions de ceux qui rejetaient alors tout signe philosophique et religieux.

Dans la tradition antique, la feuille d’acanthe décorait les chars funéraires et les vêtements des défunts, et en particulier des héros, pour souligner leur triomphe dans leurs entreprises. Aux côtés de cette stèle se trouvent les vestiges d'autres monuments faisant allusion à la barbarie des allemands qui ont été détruites durant la Seconde Guerre mondiale puis reconstruites après cette nouvelle occupation.

Dans le centre de Dinant, sur la Place d'Armes, un autre édifice exprimant de façon encore plus vive la mémoire du martyre infligé par les troupes allemandes à la population, a quant à lui définitivement disparu.

L' œuvre baptisée " Furore Teutonico " (fureur teutonne), se composait d'une immense main surplombant un morceau de la balustrade initialement prévue pour orner la bibliothèque de Leuven, mais refusée par les autorités académiques. Ce monument, qui fit grand bruit lors de son inauguration en 1936, fut détruit par les troupes hitlériennes en 1940, et ne fut jamais reconstruit par la suite.

Suivez les traces du conflit, avec Isabelle Masson Loodts dans cette vidéo:

Traces et empreintes à Dinant

Juliette Patriarche