Courcelles 6180

Sport amateur : Sans argent, comment nourrir et entretenir les poneys ?

Il y a quelques jours, la rédaction des sports de la RTBF lançait un appel à témoignages (via l’adresse mail : sportamateur@rtbf.be) issus du sport amateur. Là aussi les annulations se sont enchaînées et le sport amateur est tout autant (si pas plus ?) remis en question.

Le Poney Club de Buisseret, dans le Hainaut, a répondu à cet appel. Cette ferme de la région de Courcelles propose l’apprentissage de l’équitation par le jeu. Les enfants apprennent à monter avec des poneys. Mais depuis samedi matin, toutes les activités ont été annulées.

"Tous les cours de façon hebdomadaire, tous les stages et activités extrascolaires du week-end, l’accueil des classes d’écoles, l’accueil des groupes, tout cela est à l’arrêt", explique Julie Marsille l’une des responsables du Poney Club. "Plus rien ne tourne, nous avons une dizaine de cavaliers qui sont propriétaires de leur poney et qui sont, je vais dire…, 'tolérés' pour venir prendre soin de leur monture. Mais c’est tout. Au départ, la ligue équestre avait autorisé les leçons individuelles, dans certaines conditions de bon sens et d’hygiène. Mais notre commune de Courcelles s’est opposée à la tenue de ces leçons individuelles".

Contrairement à une raquette ou un ballon, un poney mange et boit

Chez nous les répercussions sont directes. Il n’y a tout simplement plus aucune rentrée d’argent. Pourtant, les chevaux continuent à boire et à manger. On me dit souvent que tous les clubs sportifs sont dans le même cas. Mais une raquette de tennis ou un ballon de volley, ça ne mange pas ! Ça peut rester enfermé dans un placard, ce n’est pas grave. Un animal, c’est autre chose. L’autre problème est logistique, avec une quarantaine de poneys qui sont enfermés dans un box de trois mètres sur trois et qui ne sortent plus. Car les prairies, à cette période de l’année, sont impraticables", explique Julie Marsille.

Des appels aux dons car la survie du Poney club est menacée

Comme beaucoup de clubs sportifs, le Poney Club a cherché au plus vite des solutions de financement. "Nous nous sommes lancés dans un appel aux dons. On a lancé une bouteille à la mer, via les réseaux sociaux. Pour l’instant, ça fonctionne et on est très agréablement étonné par la générosité des gens, même des personnes complètement externes au club. Du coup, on peut mettre notre cœur à l’aise pour cette semaine et la semaine prochaine. Mais au-delà, on ne sait pas. La survie de notre asbl est vraiment menacée. Ici, nous avons vraiment atteint la pire des situations. Pour nous, un éventuel 'lockdown' ne changerait rien. Dans notre ferme, nous vivons déjà quasiment en isolement et en autarcie", conclut Julie Marsille.

Jérôme Helguers