Sommet de l'ONU sur la biodiversité : la Chine appelle à un plan "ambitieux" pour le climat, mais reste floue

Le président chinois Xi Jinping a appelé mercredi lors du sommet virtuel de l'ONU sur la biodiversité à un nouvel accord international "ambitieux", mais sans annoncer d'engagement nouveau de la Chine sur la protection de la nature comme il l'avait fait la semaine dernière avec la promesse de neutralité carbone dans 40 ans.

Le président chinois Xi Jinping a appelé mercredi lors du sommet virtuel de l'ONU sur la biodiversité à un nouvel accord international "ambitieux", mais sans annoncer d'engagement nouveau de la Chine sur la protection de la nature comme il l'avait fait la semaine dernière avec la promesse de neutralité carbone dans 40 ans. 190 pays s'étaient engagés en 2010 sur 20 objectifs de protection de la nature d'ici 2020: aucun n'a été tenu, selon un rapport récent de l'ONU.

Face à cet échec, plus de 60 dirigeants ont signé lundi un nouvel engagement sur la réduction de la pollution de l'air et des océans et la transition vers un système agro-alimentaire durable d'ici 2030, mais ni les Etats-Unis, ni la Chine ne font partie des signataires, alors que la ville chinoise de Kunming accueillera fin 2021 une grande conférence onusienne sur la biodiversité (COP15) pour peut-être adopter l'équivalent de l'accord de Paris sur le climat, mais pour la biodiversité.

En tant que plus grand pays en développement, la Chine est prête à prendre des responsabilités internationales en proportion de son niveau de développement, et à contribuer à la gouvernance environnementale mondiale

Les ONG attendaient une éventuelle surprise de Xi Jinping dans son discours de mercredi, mais le dirigeant a semble-t-il reporté toute annonce concrète à l'an prochain. "En tant que plus grand pays en développement, la Chine est prête à prendre des responsabilités internationales en proportion de son niveau de développement, et à contribuer à la gouvernance environnementale mondiale", a déclaré Xi Jinping, en appelant à l'adoption d'un "cadre d'action complet, équilibré, ambitieux et applicable" à la COP15. 

Guterres veut "changer de cap"

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a déclaré mercredi que l'humanité doit cesser de "faire la guerre à la nature", ouvrant ainsi la voie aux maladies émergentes telles que le coronavirus, lors de l'ouverture du sommet de l'ONU sur la biodiversité.

"Une conséquence de notre déséquilibre avec la nature est l'émergence de maladies mortelles telles que le VIH, le virus Ebola et maintenant le Covid-19, contre lesquelles nous n'avons que peu ou pas de défense", a affirmé M. Guterres.

En ouvrant le tout premier sommet de l'ONU sur la biodiversité, António Guterres a déclaré que les dirigeants doivent "changer de cap et transformer notre relation avec la nature".


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"La dégradation de la nature n'est pas une question purement environnementale, elle touche à l'économie, à la santé, à la justice sociale et aux droits de l'homme", a déclaré le chef de l'ONU.

"Négliger nos précieuses ressources peut exacerber les tensions et les conflits géopolitiques. Pourtant, trop souvent, la santé environnementale est négligée ou minimisée par d'autres secteurs gouvernementaux".


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Le chef de l'ONU a déclaré que les pays avaient "largement échoué" à protéger la planète.

Au début de ce mois, les Nations unies ont publié une évaluation, qui a révélé qu'aucun des 20 objectifs mondiaux en matière de biodiversité fixés il y a 10 ans n'a été pleinement atteint.

António Guterres a exhorté les dirigeants du monde entier à mettre en place "des politiques et des objectifs plus ambitieux pour protéger" la nature et la biodiversité.

Plus de 100 chefs d'État et de gouvernement ont participé à l'événement par vidéoconférence, dont la ministre de l'Environnement, Marie-Christine Marghem.

Face à ses homologues, Mme Marghem - qui représentait la Première ministre Sophie Wilmès - a appelé à adopter des mesures d'urgence à tous les niveaux de pouvoir. "Mon pays réaffirme ainsi son engagement à prendre des mesures urgentes et à accroître l'ambition du cadre mondial de la biodiversité pour l'après-2020. L'un des principaux engagements concerne l'intégration transversale de la biodiversité", a-t-elle souligné. "Il est avant tout essentiel de découpler la croissance et d'accélérer la transition vers une croissance verte et une économie circulaire économe en ressources. Nous, en tant que gouvernements, devons impliquer tous les acteurs de la société et toutes les générations pour promouvoir des changements de comportement", a ajouté Mme Marghem.

Les USA absents 

"La perte de biodiversité et la dégradation de l'écosystème constituent un risque majeur pour la survie de l'humanité", a déclaré, pour sa part, le président chinois Xi Jinping. Cependant, Xi n'a pas fait d'autre annonce majeure, après avoir promis la semaine dernière que la Chine atteindrait la neutralité carbone avant 2060.

Le président français Emmanuel Macron a déclaré que "2021 doit être l'année de l'action", tandis que la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen a réaffirmé son engagement en faveur du nouveau cadre mondial pour la biodiversité.

Les États-Unis n'ont pour leur part pas participé à l'événement.

De son côté, la militante suédoise pour le climat Greta Thunberg a fait remarquer qu'"il est si facile de s'engager". "Tout le monde veut sauver la nature et sauver le climat". Mais lorsqu'il s'agit d'agir concrètement, ils échouent à chaque fois", a-t-elle tweeté.

Belga

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