Molenbeek-Saint-Jean 1080

RWDM : L'école des jeunes, un projet à la fois sportif et social à plus de 900 jeunes

Comme dans tout projet lié au football, celui de la renaissance du RWDM ne concerne pas uniquement l’équipe première. Club de tradition, il a de tous temps joué un réel rôle social dans une commune parfois qualifiée – à tort ou à raison - de « difficile », où la multiculturalité est une réalité bien ancrée.

Suite aux attentats de Paris, dont il a été prouvé qu’ils avaient été fomentés dans les bas-fonds de Molenbeek, son image à l’international a été particulièrement écornée.

" Suite à ces événements, des télés du monde entier sont venues faire des reportages dans la commune, explique Thierry Dailly. J’ai pris le temps de leur en faire le tour, de montrer que Molenbeek était une commune agréable à vivre, et que ce n’étaient pas quelques imbéciles qui allaient changer cela. Nous, au RWDM, on a modestement un vrai rôle à jouer avec ces jeunes, leur donner le goût du foot et du sport de manière générale. J’ai également grandi dans la rue mais, si je suis la personne que je suis devenue, c’est grâce au foot, qui m’a tout donné. Il faut investir dans un vrai projet social ambitieux afin que de tels événements dramatiques ne se reproduisent plus. Modestement, il faut qu’on apporte notre pierre à l’édifice, parce que le foot c’est de l’amitié, de l’amour et de la passion. Le sport est important pour le développement physique et mental de chaque enfant. Quand je vois tous ces enfants dans la tribune avec le training floqué du logo du club, cela me fait chaud au cœur. "

Créée il y a quatre ans, soit un an après l’équipe première, et désormais chapeautée par Patrick Thairet, un ancien joueur – il y a évolué plus de 20 ans, détenant le record du nombre de matchs joués (284) – et entraîneur du club, l’école des jeunes compte aujourd’hui 39 équipes masculines, et environ 300 filles, soit un total dépassant les 900 footballeurs. " La montée de l’équipe première en D1B aura pour conséquence de permettre à certaines de nos équipes de jeunes de se frotter à l’élite et de progresser plus rapidement, explique-t-il. Certains de nos talents prometteurs nous ont encore quittés pour des clubs plus huppés. Cela fait partie d’une certaine logique. Nous essayons de garder nos meilleurs éléments, de les faire progresser pour espérer, à terme, permettre à l’un ou l’autre d’intégrer l’équipe première. Cela passe par un nivellement par le haut, par le fait d’affronter plus forts que soi. "

Ceci dit, vu que l’école des jeunes du RWDM est repartie de zéro en 2016, atteindre un tel objectif nécessite beaucoup d’énergie et de temps : certainement 8 à 10 ans avant d’en ressentir concrètement les effets, estime-t-on au club. La nomination de Daniel Renders, autre icône du club, dans un rôle de responsable de la post-formation, pourrait accélérer ou en tout cas renforcer le processus.

" L’autre problème majeur, regrette le président Thierry Dailly, c’est le manque cruel de place et de terrains pour offrir çà ces jeunes le cadre idéal à leur développement sportif. Parfois, nos jeunes s’entraînent à… 140 sur un terrain que nous devons partager en quatre. "

Avant la faillite de 2002 qui a eu pour conséquence la disparition définitive du matricule 47 puis même au cours de la période du FC Brussels (2003-14), le club bruxellois avait pourtant excellente réputation au niveau de sa formation, ayant entre autres lancé une kyrielle de bons joueurs ayant explosé par la suite au plus haut niveau, que ce soit en Belgique ou à l’étranger. Parmi eux, on retrouve notamment les Diables rouges actuels que sont Michy Batshuayi, Dedrick Boyata ou Adnan Januzaj mais aussi les anciens Wesley Sonck, Michel De Wolf, Franky Van der Elst, Daniel Camus, Faris Haroun ou Alan Haydock, pour ne citer qu’eux. Rien ne dit que leurs dignes successeurs ne s’ébattent pas déjà actuellement à l’ombre d portrait géant de Raymond Goethals qui orne la tribune principale du stade Machtens…

Vincent Joséphy