Plombières 4850

Rouvrira-t-on des mines de zinc et de plomb à La Calamine et à Plombières?

Une société du brabant wallon compte en tout cas demander un permis d'explorer. Elle veut sonder le sol pour savoir si oui ou non il reste assez de zinc et de plomb dans les terres pour lancer une exploitation. Ce projet ne suscite pas l'enthousiasme dans les communes des trois frontières. Cela dit, à l'initiative du parti chrétien-démocrate germanophone, le débat a été ouvert jeudi soir avec les citoyens.

C'est comme si on forait à Liège

Du zinc, du plomb, mais aussi du germanium pour les fibres optiques, du gallium pour l'imagerie médicale, de l'indium pour les écrans plats. Tout ça se trouve peut-être encore en quantités exploitables dans le sous-sol de La Calamine, de Plombières, et de six communes voisines. Walzinc veut explorer pour savoir. Mais aux trois frontières, l'idée effraie. Luc Frank, député CSP communauté germanophone: "Notre position aujourd'hui, c'est de dire non. La Calamine a une densité de population très importante, donc si on vient forer chez nous, c'est comme si on forait maintenant à Liège. Et un autre problème, c'est qu'on produit notre propre eau potable, et il y a de fortes chances, si on exploite à nouveau une mine, qu'on devrait mettre les sources et les fontaines à sec".

Nous devons participer à mieux connaître le sous-sol

"Si les exploitations historiques ont été arrêtées dans la région de Plombières et de La Calamine, c'est tellement il y avait une problématique de pompage d'eau" explique Professeur Eric Pirard, de l'Université de Liège. "Les mines étaient totalement inondées. Donc la quantité d'eau, je n'ai vraiment aucune inquiétude quant au risque de tarissement possible de source. Allez voir en Suède, allez voir en Finlande, le domaine minier peut être un domaine innovant. Nous devons participer à mieux connaître le sous-sol. L'Europe est aussi riche que toutes les autres régions du globe et donc oui, à l'échelle de l'Europe, nous avons les moyens d'être plus autonomes." Eric Pirard pense que l'Europe doit chercher à savoir ce qu'elle a sous les pieds, avant de décider si oui ou non elle rouvre des mines.

François Braibant

Retrouvez l'article original sur RTBF