Recours contre le masque en classe : "Une mesure disproportionnée et antidémocratique"

Deux parents et un avocat ont déposé un recours en suspension contre le port du masque en classe.

Deux parents et un avocat ont déposé un recours en suspension contre le port du masque en classe. Leur avocat Sébastien Kaisergruber était sur le plateau du 13 heures ce vendredi pour préciser leurs motivations. "Mes clients ne sont pas des antimasques. Ils approuvent les mesures prises par les gouvernements". Le masque "dans les couloirs de l’école ou sur les trajets aller et retour", ils n’y sont pas opposés. Par contre, obliger les élèves et les enseignants à le garder en classe, ils trouvent cette mesure "disproportionnée et antidémocratique".

Disproportionnée, parce que "des rapports disent que les jeunes de moins de dix-huit ans sont ceux qui contaminent le moins et qui sont le moins contaminés. On a aussi des chiffres qui montrent qu’il n’y a presque plus personne en réanimation." Le port du masque en classe ne serait donc pas nécessaire aux yeux de ces plaignants.

"Une série de dommages collatéraux"

Et il fera plus de tort que de bien, explique leur avocat : "C’est une mesure qui va engendrer toute une série de dommages collatéraux qui n’ont pas été mesurés au préalable. Des enseignants disent que c’est extrêmement difficile d’enseigner avec un masque. Et cela va préjudicier les élèves." Notamment "les élèves du fond de la classe qui sont déjà timides de base. Ils n’osent pas toujours poser une question, de peur qu’elle paraisse idiote. Avec un masque, ils vont encore plus renoncer à le faire s’ils savent qu’ils vont devoir la répéter trois fois parce que le professeur n’a pas entendu."

Les plaignants jugent également cette mesure antidémocratique. "Elle vient d’une circulaire adoptée par un seul ministre. Mes clients se demandent pourquoi ils vont voter s’il n’y a pas débat parlementaire avant l’adoption de la mesure", précise Sébastien Kaisergruber.

Une condition sine qua non, selon la ministre

La ministre de l’Education Caroline Désir reconnaît que le port du masque en classe est contraignant, mais c’est une pièce essentielle permettant le retour en classe généralisé. "C’était une condition sine qua non pour permettre le retour de l’ensemble des élèves pendant cette rentrée scolaire. Les élèves ont été éloignés très longtemps de l’école. C’est impossible dans un établissement d’enseignement secondaire de faire respecter la distanciation physique. Et donc le masque était absolument nécessaire pour permettre cette rentrée."

Un retour à la normale sans masque en classe ? La ministre dit le souhaiter "le plus rapidement possible". Mais pour ça, elle a besoin de signaux positifs : "On doit suivre au quotidien les chiffres de l’épidémie et les rapports des experts et quand ils nous diront que c’est possible en toute sécurité pour le personnel et les élèves, alors on pourra assouplir les mesures."

On apprenait ce vendredi que le Conseil d'Etat les avait déboutés dans leur demande.

Pierre Wuidart et Maxime Dumoulin

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