Présidentielle américaine : les "endorsements", ou quand des médias affichent clairement leur préférence pour un candidat

"Elisez Joe Biden. Rejetez Donald Trump." Mardi dernier, le site USA Today a publiquement incité ses lecteurs à voter pour Joe Biden, le candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine, qui aura lieu le 3 novembre. Une première pour le média, qui affirme que ce choix n’est fait "ni à la légère ni avec empressement". "Pendant près de quatre décennies, le comité éditorial a défendu des valeurs comme la vérité, la responsabilité, la civilité, l’opposition au racisme, écrit le journal. Donald Trump a piétiné chacun de ces principes."

En 2016, déjà, USA Today avait appelé à ne pas voter Trump, mais avait choisi de ne pas soutenir non plus la candidate démocrate Hillary Clinton, jugée "polarisante". Quatre ans plus tard, le site va plus loin, jugeant qu’après le premier mandat de Trump, le pays est "abattu par la maladie, la souffrance économique, les problèmes raciaux et les désastres naturels alimentés par le changement climatique."


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De l’autre côté de l’Atlantique, le fait qu’un média affiche publiquement son soutien à un candidat, et donc brise une neutralité implicite, a de quoi surprendre et choquer. Mais ce n’est pas le cas aux Etats-Unis. De nombreux médias ont déjà pris fait et cause pour Joe Biden, comme les magazine Rolling Stone et The Economist, et des journaux comme le New York Times ou le Washington Post. "Pour virer le pire président des temps modernes", dit ce dernier, "les votants n’auront pas à baisser leurs standards".

Selon le site MediaPost, 119 journaux ont pris position pour Joe Biden, et six seulement pour Donald Trump, dont des tabloïds comme le New York Post, à la ligne très conservatrice, ou le Las Vegas Journal. "De nombreux votants n’aiment pas le style du président Trump, écrit le journal. Mais si vous observez ce qui a été accompli durant ses quatre premières années, vous trouvez de nombreuses choses qui sont meilleures pour les Américains, notamment ceux qui travaillent et paient des taxes."

Pour certains observateurs, le soutien des journaux aux candidats est un "vestige", comme l’écrit Josh Sternberg, d’un âge où les journaux "contrôlaient quelle information était digne d’être débattue", et n’a au final pas beaucoup d’influence sur le résultat du vote. Lors de la primaire démocrate, le New York Times avait soutenu Amy Klobuchar et Elizabeth Warren, deux candidates qui avaient ensuite jeté l’éponge. USA Today le reconnaissait d’ailleurs dans sa propre tribune : deux semaines avant le vote, 90% des votants avaient affirmé être déjà sûrs de leur choix.

Paul Verdeau

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