Philippe de Backer sur Proximus: "Il faut mettre de la concurrence car les prix belges sont nettement plus hauts"

Proximus s'apprête à lancer un plan de restructuration qui sera au menu des discussions entre les partenaires sociaux dès la semaine prochaine.

 Ce plan prévoit plus de 1900 licenciements mais aussi 1200 embauches, malgré le fait que l'entreprise de télécommunications ne soit pas en mauvaise santé financière. Pour en parler, le ministre de tutelle Philippe de Backer (Open VLD), responsable du portefeuille Télécommunications était l'invité de Matin Première.

Proximus est une entreprise particulière. Elle est considérée comme "autonome" alors qu'elle est détenue à 53% par l'Etat belge. Difficile donc, de savoir quel est la marge de manœuvre du politique sur le premier groupe en matière de télécommunications en Belgique.


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Le ministre explique que le gouvernement "demande au CEO de fournir des informations". Concernant la restructuration prévue, il évoque les recommandations donnée par son gouvernement : "On a quand même envoyé le message d'éviter de virer des gens, il faut un dialogue social pour être certain que l'on peut implémenter ce plan de transformation chez Proximus en tout humanité.

Quel rôle l'Etat joue-t-il encore?

Si cette tutelle est mise à mal, c'est surtout car Proximus est "une entreprise autonome cotée en bourse". Selon Philippe de Backer,  "il y a certaines règles qui jouent". "Par exemple, la confidentialité des personnes du conseil. Nous étions informés informellement (du plan) juste avant ce dernier conseil. Il est donc clair que nous avons encore un rôle comme actionnaire mais il y a la règle que c'est le conseil qui décide du management, comment préparer cette entreprise pour le futur. C'est aussi important pour nous de stabiliser cette entreprise, d'être certain qu'il y ait une croissance sur le long terme", explique-t-il.


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Et justement, au sein du Conseil d'administration, il y a peu il y avait un commissaire du gouvernement, qui garantissait un vrai lien  entre le ministre de tutelle et le CA. C'est le gouvernement Michel qui a décidé de supprimer ce lien. Est-on donc dans le cadre d'un "auto-suicide" de la part de l'Etat ? "Non parce que on joue notre rôle comme actionnaire. Certains politiciens disent et pensent toujours qu'il sont en train de gérer cette entreprise, ça, de mon côté, ce n'est pas une bonne chose. Il faut laisser l'autonomie à cette entreprise pour qu'elle se prépare pour le futur."

Une plus forte concurrence à l'origine de la restructuration?

Le vaste milieu des télécommunications est de plus en plus compétitif, tant en Belgique qu'à l'international. Selon le ministre, les consommateurs ont changé aussi : "Avant, les consommateurs envoyaient des SMS, maintenant ils utilisent Whatsapp, avant ils regardaient des films sur Proximus TV, maintenant ils regardent sur Netflix, ..." L'important, selon le ministre est que Proximus se développe, afin de "servir de nouveaux services, de nouveaux produits pour ses clients".

Il invite donc l'entreprise à donner une priorité absolue à la formation du personnel déjà engagé chez Proximus. "J'espère que les partenaires sociaux vont trouver des solutions pour ne pas arriver à des licenciements nets. Par exemple, investir dans la formation du personnel", affirme l'élu Open VLD.

"C'est important de dire que même les gens de 55, 60ans peuvent avoir une formation et il y a beaucoup de compétences dans cette entreprise. Il ne faut pas simplement licencier les personnes plus âgées, il faut aussi investir dans son personnel et utiliser les compétences qui sont dans l'entreprise."

Mais alors que le secteur est secoué par les récentes annonces de Proximus, doit-on s'attendre à des annonces similaires du côté de Telenet ou d'Orange, les deux autres acteurs du marché belge. "Je ne pense pas, répond Philippe de Backer. Il y a une grande histoire avec Proximus qui est le partenaire principal dans le marché. Les autre entreprises ont dû investir d'une toute autre manière que Proximus pour entrer dans le marché."

Les prix en Belgique, trop chers?

Alexander De Croo, qui a précédé Philippe de Backer au cabinet des Télécommunications a plusieurs fois martelé son opposition à un système monopolistique, ou presque, en matière de télécommunication. Il plaidait d'ailleurs pour insérer un quatrième acteur sur le marché. Cela influence-t-il la restructuration, qui va de pair à une modernisation, chez Proximus ? "Non, cela n'a pas joué", affirme le ministre de Backer.  "Il faut mettre de la concurrence dans le système car les prix en Belgique sont nettement plus hauts et donc on pense au consommateur. Les gens ont besoin d'un réseau de qualité donc il faut continuer à investir et donner les produits et services que le consommateur demande."

 

 

RTBF La Première

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