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Ottignies Louvain-la-Neuve perd des habitants… et des sous

Les finances communales d’Ottignies Louvain-la-Neuve se détériorent depuis plusieurs années.


Le déficit structurel dépasse les 3 millions d’euros. Parmi les causes de cette situation : l’évolution du marché immobilier à Louvain-la-Neuve. De quoi inquiéter les autorités locales qui demandent à la Région et au Fédéral une forme de reconnaissance pour l’apport qu’offre la cité universitaire à toute une région et même à tout un pays. Une demande de soutien financier pour une ville qui coûte cher aux caisses communales.

Immobilier en mutation
Plus de résidents, mais moins d’habitants domiciliés, exception faite des seniors. C’est la tendance depuis près de 10 ans. « L’évolution socio-économique de la population a fort évolué », expliquent les autorités locales. « Les jeunes n’ont plus les moyens d’acheter à Louvain-la-Neuve. Les biens chers sont dès lors acquis par des seniors qui investissent ou qui habitent à Louvain-la-Neuve. Mais dans ce dernier cas, ces retraités domiciliés sont taxés sur leur pension… des taxes sur un revenu généralement modeste qui rapporte finalement peu aux deniers communaux ». Le marché immobilier est devenu cher. Le prix des biens et le montant des loyers ont flambé. En parallèle, le profil socio-économique de la population a évolué.

Nouveaux quartiers
Progressivement, de nouveaux quartiers vont sortir de terre. A priori, de nouvelles recettes fiscales en perspective pour les caisses communales. Sauf que certains projets prendront encore quelques années avant d’être terminés, comme le quartier Athena. Et que malgré la vente de maisons unifamiliales destinées aux familles, certains acquéreurs songeront surtout à un investissement et diviseront vraisemblablement leur bien en kots. Pour rappel, la cité estudiantine en compte déjà 4.500 ; des kots sur lesquels la commune ne perçoit qu’une simple taxe de séjour (200 euros depuis cette année).

Autre problème : la commune ne perçoit pas de centimes additionnels (part de précompte immobilier) sur les bâtiments universitaires, l’UCLouvain bénéficiant d’une exonération.

Il n’y a pas de dotation non plus pour les logements publics, alors que la barre des 10% est dépassée. Ce qui supposerait une aide financière de la Région. Les statistiques de l’administration ne seraient tout simplement pas à jour, laissant en rade la Ville d’OLLN. Pour le moment.

Dépenses importantes
La commune a-t-elle bien géré ses dépenses ? Question légitime. Réponse attendue des autorités locales qui disent « avoir fait de leur mieux ». Mais les dépenses sont importantes : police, CPAS, voiries, gestion des déchets,… la commune, et en particulier la cité estudiantine, doit débourser beaucoup. Pour garder le cap et ne pas trop dériver, il a fallu faire ceinture ; mais aussi augmenter ou créer certaines taxes. « Il n’y aura pas de rage taxatoire », dit la commune. « Mais on réclame à la Région et au Fédéral un juste retour financier, car la cité universitaire profite à beaucoup de monde, bien au-delà des limites du territoire communal ». Les autorités locales devront enfin tenir compte de coûts futurs, comme les investissements en matière de mobilité (par exemple, les voiries de l’anneau central de Louvain-la-Neuve) et d’économie d’énergie.

Jean-Claude Hennuy

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