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Odile, la coutière bénévole qui a cousu 2.600 blouses pour les hôpitaux namurois

Odile Remacle est une couturière qui continue à fabriquer des blouses pour les soignants au contact du Covid-19. Elle est parmi celles qui ont fabriqué le plus de blouses, soit 2.600.

Odile Remacle habite à Jambes. Elle fait de la couture depuis près de quarante ans. Avec l'arrivée du Covid-19, son talent a été d'une grande utilité puisqu'elle a passé des mois à confectionner des blouses pour le personnel des hôpitaux CHU-UCL Namur. D'ailleurs, la retraitée détient peut-être le record du nombre de blouses fabriquées pour l'hôpital Mont-Godinne depuis le début de la pandémie. Elle a déjà fabriqué 2.600 blouses. C'est son mari qui a tenu les comptes et qui est arrivé à ce chiffre. Odile continue avec fierté d'en fabriquer, explique-t-elle:

Avoir pu aider les soignants, ça fait chaud au cœur. On se dit qu'on a peut-être sauvé des vies, qu'on a permis aux soignants d'être protégés face aux microbes.

Au moment où les blouses manquaient dans les hôpitaux, au premier confinement, Odile était sur sa machine du lundi au dimanche. Elle cousait alors 30 blouses sur une seule journée, raconte-t-elle:

Je me levais et je commençais à coudre à 8h. Pendant ce temps, mon mari assurait l'intendance de la maison. À midi, il m'appelait pour venir manger et puis ensuite je me remettais à coudre jusqu'à finir les 30 blouses par jour que je m'étais fixée. Ça c'était du lundi au dimanche d'avril à juin. En moyenne, je mets douze minutes pour faire une blouse.

Alain, son mari assurait l'intendance

Pendant qu' Odile était occupée à la couture, Alain son mari lui apportait une aide logistique. Leur maison était un point de récolte des blouses confectionnées dans la région. Il y avait donc une vingtaine de bénévoles qui venaient plusieurs fois par semaine chez eux pour déposer leurs réalisations. Des militaires venaient ensuite les chercher pour les emmener à l'hôpital Mont-Godinne. En plus, Alain se chargeait de plier et ranger les blouses créées par sa femme. L'homme devait aussi tenir la maison en bon état. Il nous confie que c'était nouveau pour lui à l'époque:

ll fallait bien mettre de l'essence dans la chaudière pour que la machine tourne comme on dit. Tenir la maison était une découverte, mais on a l'habitude de faire les choses à deux. C'était donc surtout une découverte de devoir faire cela seul.

Aujourd'hui, Odile est l'une des dernières à continuer à fabriquer des blouses, mais à son rythme. Elle en fait maintenant dix par mois. Une fois le mois écoulé, le couple les emmène à Mont Godinne. Là-bas, l'élan de solidarité qu'a créé cette crise reste gravée dans les mémoires, comme le détaille Jacques Gérardy, le chef du service «bénévoles» de l'hôpital Mont-Godinne:

Toute cette aventure procure beaucoup d'émotion. En plus, au-delà de la personnalité d'Odile qui est une personne attachante, elle représente bien les 800 bénévoles, qui chacune, là où elles étaient, se sont mobilisées pour réaliser du matériel pour le personnel des hôpitaux. Je reste marqué par le fait qu'au moment où nous avons remercié nos couturières, elles se sont tournées vers nous en disant: «il ne faut pas inverser les rôles. C'est nous qui vous remercions parce que vous nous avez permis de traverser cette crise sans nous effondrer moralement». Je crois donc que c'est un projet gagnant-gagnant finalement.

Odile continuera à fabriquer des blouses tant que des kits seront fournis par l'hôpital, mais il n'en reste plus beaucoup. Ensuite, elle rejoindra l'équipe de bénévoles de Mont-Godinne pour continuer à donner généreusement de son temps.

Odile Remacle est une couturière qui continue à fabriquer des blouses pour les soignants au contact du Covid-19. Elle est parmi celles qui ont fabriqué le plus de blouses, soit 2.600.

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