Namur 5000

Nouveaux sacs P+MC: plus de plastiques collectés mais le recyclage final pose toujours problème

Depuis un an, tous les Namurois peuvent déposer leurs barquettes bleues de champignons, pots de yaourt, films plastiques usagés et autres plastiques dans les sacs P+MC.

Ceux-ci permettent une collecte élargie des plastiques, plus seulement des traditionnelles bouteilles et flacons.

Après une année d’utilisation, le BEP tire un bilan très positif : 8 kg de PMC en plus collectés par habitant. "Une réussite pour le tri" et "un meilleur tri", selon le BEP. "Donc, au final, plus de déchets recyclés" !

Si le tri est meilleur, cela est dû au fait qu'il y a moins d’erreurs ; puisque maintenant, il suffit de mettre tous les plastiques dans ce nouveau sac PMC. Le constat de l'augmentation des déchets recyclés, lui, est plus contestable.

Pour comprendre pourquoi, nous allons suivre un sac P+MC récolté dans les rues de Namur. Il prend ensuite la direction du très moderne centre Valtris, à Couillet. Là, on y trie les PMC des intercommunales du BEP (pour Namur), de l'InBW (comme son nom le suggère: pour le Brabant) et Tibi (pour Charleroi).

Pour le moment, on y trie neuf fractions, tous déchets confondus. Pour trier correctement tous les nouveaux plastiques des sacs P+MC, il en faudra 14. Un nombre qui sera atteint avec la fin d’importants travaux en cours (ceux-ci devraient se terminer vers juin 2021).

Pas de filière de recyclage en Wallonie

Une fois ces 'nouveaux' plastiques triés, même imparfaitement, ils partent pour être recyclés. Et c’est certainement là, la plus grosse faiblesse de la filière. Il n’y a pas de débouchés de recyclage en Wallonie. Des négociations sont en cours avec certaines sociétés depuis maintenant deux ans mais n’ont toujours pas abouti.

Alors, que deviennent ces 'nouveaux' plastiques qui sortent de chez Valtris ? Difficile d’avoir une réponse du côté de Fostplus (organisme agréé pour la gestion des déchets d'emballages ménagers). D’après un vent favorable, une partie de ces plastiques auraient été achetés par une société en Flandre. Le reste n’a pas trouvé acquéreur. Il est actuellement stocké, en attendant d’avoir de plus grosses quantités pour espérer intéresser de plus grosses entreprises en-dehors de la Belgique.

A noter que trier et recycler ces plastiques étendus est une volonté fédérale. On part du principe de créer un gisement. Entendez par-là: une matière première disponible pour les entreprises. Reste à trouver des entreprises intéressées. Un défi d’autant plus complexe qu’avec la crise actuelle, les prix des produits pétroliers sont bas. Ce qui rend les produits recyclés comparativement plus chers, soit encore moins attrayants.

A. Stas

Retrouvez l'article original sur RTBF