Wavre 1300

Nouveau recours des commerçants de Wavre contre le projet de réaffectation du chancre industriel situé en face du Walibi

La détermination de certains commerçants wavriens semble sans faille face au projet de réaffectation d’un ancien site industriel situé juste en face du Walibi, le long de la N238.

Ils sont une poignée à avoir décidé d’introduire un recours contre le permis octroyé il y a quelques semaines par le ministre wallon Pierre-Yves Jeholet.

En fait, un premier permis avait été accordé l’an dernier, mais des commerçants de Wavre et la ville voisine d’Ottignies-Louvain-la-Neuve avaient introduit un recours au conseil d’Etat. Sans attendre l'issue du recours, le ministre Jeholet avait retiré le permis et en avait aussitôt délivré un autre, qui est donc à son tour contesté.

La crainte d'une concurrence pour les commerces du centre

De quoi parle-t-on? En face du Walibi, le promoteur BVI veut construire un centre pour PME et artisans, couplé à des activités de logistique et de bureaux. Mais un second volet prévoit la construction d’une zone commerciale sur une surface nette d’environ 8.000m². C’est cet aspect du projet de réhabilitation du site qui inquiète certains commerçants.

"Pour un consommateur qui est dans le centre-ville, il est très facile de se rendre dans ce zoning. Par contre pour revenir du zoning dans le centre, il y a énormément de problèmes de mobilité. Ce que nous ne voulons pas, c’est que ces surfaces commerciales attirent à l’extérieur de Wavre la clientèle présente en centre-ville", explique Bernadette Pierre, la gérante d’une mercerie installée dans la rue du Pont du Christ.

A plusieurs reprises, le promoteur et le collège communal ont tenu des propos rassurants, affirmant que les enseignes qui s’installeront sur le site seront complémentaires à l’offre commerciale du centre. Mais le doute subsiste. Oui à des marchands de carrelages, de cuisines et autres produits lourds qui trouvent difficilement leur place dans le centre. Mais qu’en est-il des commerces intermédiaires qui vendent un peu de tout? "Un frigo ou une machine à laver par exemple, on ne les trimbale pas en-dessous de son bras, poursuit Bernadette Pierre. Mais si ces commerces-là vendent aussi des GSM et des appareils photos, là c’est une concurrence directe avec les commerces du centre".

Décathlon, l'exemple à ne pas reproduire

Les commerçants qui ont décidé d’introduire le recours pointent quelques imprécisions dans le permis et y relèvent aussi une contradiction. "A une page, on vous dit qu’il ne peut pas y avoir d’équipements de la personne. Mais deux pages avant, il est écrit qu’un point de vente pourra vendre des équipements de la personne. Cela ne nous satisfait pas du tout".

Comme ultime exemple de ce qu’il ne faut pas faire, Bernadette Pierre évoque le Décathlon installé sur les hauteurs de Wavre, à la limite de Louvain-la-Neuve. "On nous avait dit à l’époque que Décathlon allait nous amener de la clientèle sur Wavre. Mais c’est l’inverse qui s’est passé. Les produits vendus par Décathlon ont perdu leur place dans le centre-ville. Avant, nous vendions beaucoup de bonnets, écharpes et gants en hiver. Maintenant c’est totalement terminé. On voit donc bien que les commerces qui s’implantent à l’extérieur ont un impact sur le centre-ville".

Hugues Van Peel

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