Mons 7000

"Mistress Day" : dans cet hôtel de jour, les amants se retrouvent en toute intimité

La tradition officieuse vient du Royaume-Uni : le 13 février, veille de Saint-Valentin, les couples illégitimes célèbrent le « Mistress Day », le « Jour des Amants ».

C’est l’occasion de pousser la porte d’un petit hôtel très particulier, un hôtel de jour, tapi quelque part dans la région de Mons.

Ici, c’est vraiment la discrétion, l’intimité, le glamour

L’hôtel ressemble à une grosse maison, en retrait de la route, à demi dissimulé par la végétation. Le parking se trouve à l’arrière, à l’abri des regards. Vous ne saurez d’ailleurs pas où il se situe exactement, car la discrétion est le maître-mot de l’établissement tenu par Eve.

« En principe, les gens ne croisent personne, raconte-t-elle. Ils peuvent appeler avant de sortir, pour dire qu’ils désirent quitter la chambre. Nous sommes attentifs aux allées et venues. C’est pour ça surtout que les clients viennent ici. Ils pourraient aller ailleurs. Il y a plein d’endroits pour se rencontrer, pour se retrouver. Mais ici, c’est vraiment la discrétion, l’intimité, le glamour. »

Des clients très « fidèles »

Le glamour décliné en 12 chambres thématiques : la chambre « Orientale », la chambre « Baie des Anges », la chambre « Lavande », la chambre « Nuits de Chine »… Bougies, mélodie d’ambiance, pétales de roses éparpillés sur le lit. C’est clair, on ne vient pas ici pour dormir.

« Nous sommes dans un hôtel de charme, hôtel de jour, appelez-le comme vous voulez, explique la gérante. Moi, je l’appelle mon îlot d’amour. Ce n’est pas le mien, mais surtout celui de mes clients. » Des clients très « fidèles », nous assure Eve qui, sourire en coin, « s’excuse pour le jeu de mots ».

40 euros pour 3 heures d’intimité

L’hôtel est ouvert de 9 heures à 22 heures. Les chambres se louent pour trois heures, à partir de 40 euros. « Une fois que les clients sont dans la chambre, ils font ce qu’ils veulent. Il n’y a aucune restriction de religion, de mœurs, de nationalité, de couleur de peau… Tout le monde est le bienvenu : pudiques, libertins, transsexuels, homos comme hétéros. »

Et visiblement, les clients apprécient cette ouverture d’esprit. « Aujourd’hui, je viens encore de recevoir un paquet de pralines, nous confie Eve. Ce sont des clients qui me remercient d’être là et d’être aussi accueillante pour eux. De les accepter comme ils sont. Ce sont des homosexuels. Pourquoi pas ? Moi, je les accueille à bras ouverts, là où ailleurs on les met dehors. »

Anecdotes et quiproquos

Eve a repris l’établissement il y a 8 ans. Elle cherchait un commerce à reprendre et elle est tombée sur ce petit hôtel, qui existait depuis 30 ans. Au fil des années, elle en a vu, des clients défiler.

Elle se souvient notamment de cette anecdote : « Un jour, un monsieur s’est trompé de chambre. C’était un très, très vieux monsieur. Il s’était perdu dans les couloirs, il ne savait plus où il était. Il est entré dans une autre chambre. Les clients ont bien ri, heureusement. Mais c’était à eux de fermer la porte convenablement ».

J’ai parfois des coups de téléphone bizarres

Cela dit, l’hôtel d’Eve ne fait pas rire tout le monde, à commencer par les conjoints trompés. Certains usent des subterfuges pour tenter de lui tirer les vers du nez.

« J’ai parfois des coups de téléphone bizarres. Des personnes se font passer pour d’autres personnes pour savoir si un tel monsieur est là, ou une telle dame. Que ce soit au téléphone, par écrit, à la porte, je suis un peu comme les trois petites grenouilles à l’entrée : une qui se cache les yeux, l’autre qui se bouche les oreilles, et la troisième qui couvre sa bouche de la main. »

Jeremy Giltaire

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