Logistics toujours bloqué à Nivelles et dans d’autres dépôts en Flandre, l'entreprise réagit

Le blocage se poursuit depuis ce matin chez Logistics à Nivelles après l’annonce hier par le groupe logistique Kuehne Nagel de la fermeture de son site dans un an. 549 personnes vont perdre leur emploi. Une centaine de travailleurs ont passé toute la nuit de mercredi à jeudi devant le dépôt de Nivelles empêchant les camions d’y entrer ou d’en sortir. D’autres se sont rendus à Malines et Anvers, dans d’autres dépôts du groupe pour faire de même

Damien de Crem, cariste depuis 20 ans chez Logistics fait partie de ceux qui sont restés à Nivelles pour bloquer le dépôt. C’est la voix tremblante qu’il répond à notre micro. "On ne s’attendait pas du tout à cette situation. Oui, je trouve ça complètement injuste. La semaine passée, je faisais encore des heures supplémentaires et maintenant, à l’arrêt", continue-t-il en s’excusant du sanglot qui l’étrangle. Mais il continue. "Avec tout ce qu’on a fait pour cette société. Les camions n’arrêtaient pas d’entrer et de sortir. Pour nous tout allait bien."

Nivelles, c’est là que sont gérés le frais et les rayons épicerie des magasins Carrefour. Et les travailleurs comptent bien continuer ce blocage "au finish". Ils ne comprennent pas la décision de la direction du site de Nivelles. Dire qu’ils ne sont pas rentables est pris comme une insulte. Ils disent ne pas avoir compté leurs heures supplémentaires ces derniers mois.

Ils veulent étendre le blocage aux autres sites du groupe, notamment en Flandre où devrait être délocalisée l’entreprise. Un car et des délégations en voiture sont d’ailleurs partis cette nuit vers Malines et Anvers, d’autres dépôts du même groupe, ce qui a provoqué des frictions et même des blessés selon un travailleur d’un sous-traitant : "Là-bas la tension était plus élevée. Il y a eu des blessés avec des personnes qui ont tenté de forcer les barrages établis", décrit Thierry Derycke chauffeur chez Supertransport.

Première réaction de l'entreprise

Un permanent syndical CNE nous a informés qu’une rencontre entre la direction et une délégation syndicale. Une rencontre prévue le 28 septembre, trop tardif pour les syndicats qui vont continuer leurs actions dans les prochains jours avec l’occupation sur les autres sites de l’entreprise mais aussi l’objectif de mettre la pression sur le groupe Carrefour sur plusieurs sites et dépôts. Plusieurs délégations d’entreprises de la région sont également présentes à Nivelles pour marquer leur soutien : Le personnel ne veut pas suivre. On demande une solution pour combler la fermeture du site. On n’est pas directement dépendants du site mais bien de sa fermeture", confirme Thierry Deryck.

De son côté Kuehne+Nagel a réagi via un porte-parole, notamment au blocage du management par le personnel mercredi soir: "La situation reste tendue sur le site de Nivelles. Le management local a pu s’échapper durant la nuit. Si nous comprenons l’émotion liée à cette annonce, nous ne pouvons accepter la violence, et encore moins la violence physique sur des personnes". L'entreprise invote les travailleurs à entamer la procédure Renault au plus vite: "Nous invitons les représentants du personnel à entamer au plus vite la phase de consultation comme le prévoit la procédure, mais nous devons également obtenir leur garantie que ces réunions puissent se dérouler en toute sécurité, pour tout le monde, y compris notre management.

Le groupe Carrefour visé

La pression est également mise sur le groupe Carrefour, unique client de l’entreprise qui joue un rôle dans cette fermeture selon les syndicats : "Parmi les actions qui vont suivre, il y aura des actions vis-à-vis de Carrefour qui est leur unique client et se trouve derrière tout ça", justifie Didier Lebbe, permanent CNE. Difficile de savoir s’il y a déjà des conséquences sur le groupe de grande distribution Carrefour qui refuse de commenter. Il n’y aurait en tout cas pas de pénurie à ce stade. Le mouvement ne fait que commencer et risque d’essaimer en Flandre, ce qui pourrait provoquer des problèmes dans les prochains jours. Les syndicats du nord du pays n’excluent pas des actions de solidarité.

Un incendie dans un camion

Les pompiers de la zone de secours du Brabant wallon ont été appelés peu avant 10h30, jeudi, pour un incendie qui s’est déclaré dans l’enceinte de l’entreprise Logistics Nivelles, en pleine grève après l’annonce de sa fermeture complète dans un an. Une remorque de camion a été incendiée à l’arrière des entrepôts. Le tracteur a pu être retiré et la remorque en feu est à l’extérieur des bâtiments. Le piquet de grève a été dégagé pour permettre l’intervention rapide des pompiers. Le feu semble à présent maîtrisé.

M.-L.M. et J. A.

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