Liege 4000

Licences : carte jaune pour le Standard et Mouscron !

La commission des licences a donc tranché : pas de précieux sésame pour Virton, Lommel, Roulers, Lokeren en division 1B. C’était prévu. Tout comme Ostende en D1A. Lequel ne manquera pas, à terme, d’attaquer la licence octroyée à Anderlecht vu la position toujours ambiguë de Marc Coucke. Avec un pied à la côte et un pied à Bruxelles. Il a rendu impossible la vente du club ostendais à un groupe de repreneurs américains mais ce conflit d’intérêt, cette influence notable, n’a visiblement pas ému outre mesure les instances fédérales…

En revanche, c’était beaucoup moins prévisible pour Mouscron et, surtout, pour le Standard !

C’est évidemment LE coup de tonnerre dans le ciel du football belge. Le club de Sclessin est recalé et devra se pourvoir, en dernière instance, devant la CBAS, la Cour Belge d’Arbitrage pour le Sport. Avec toutes les preuves adéquates à l’appui pour satisfaire aux critères de la licence professionnelle. Sans quoi, les Liégeois se retrouveraient en D1 amateurs ! Mais nous n’en sommes pas encore là.

A l’analyse, ce qui pose problème aux yeux de la Commission, et pour faire simple, c’est….

  1. Le Standard n’a pas apporté la preuve du paiement des primes des joueurs dans les délais requis, en février.
  2. Le Standard, on le sait, va vendre son stade à une nouvelle société immobilière Standard de Liège. Mais pour la Commission des Licences, il ne s’agit que d’un projet de compromis de vente et qu’un projet de contrat de cession de créances. Ce qui, à leurs yeux, est insuffisant pour garantir la continuité financière du club en vue de la saison prochaine.
  3. La Commission voudrait connaître le montant des liquidés dont dispose la nouvelle société immobilière.

Les dirigeants liégeois se disent très étonnés et même scandalisés par cette décision. A eux, donc, de plaider leur cause lors de la dernière étape de la procédure.

Le " cas " mouscronnois

Chaque année, Mouscron obtient difficilement la licence pro. Cette fois, la situation s’annonce encore un peu plus difficile pour les " Hurlus ". Pairoj Piemponsant, un proche de l’agent israélien, Pino Zahavi, est toujours l’actionnaire principal. On l’avait presque oublié. En raison de la crise sanitaire, l’homme d’affaires thaïlandais n’a pas trouvé les partenaires nécessaires pour poursuivre l’aventure. Or le principe de continuité de l’activité et les garanties financières sont des données primordiales pour la Commission des Licences. Mouscron devra donc présenter un budget de crise devant la CBAS. Rappelons, par ailleurs, que le club hennuyer fait toujours l’objet d’une enquête diligentée par le juge bruxellois Michel Claise, avec des soupçons de blanchiment d’argent. Et, en ligne de mire, la personnalité de Zahavi, l’agent hyper-puissant, qui tirerait toujours les ficelles en coulisses à travers des sociétés " off-shore ". En février dernier, le compte administratif du club avait été gelé et deux administrateurs provisoires avaient été nommés.

Combien de clubs en D1 la saison prochaine ?

Tous ces clubs vont donc se pourvoir devant la CBAS, la Cour Belge d’Arbitrage pour le Sport. Qui aura beaucoup de boulot dans les semaines à venir. Et dont les décisions impacteront peut-être aussi le futur modèle de compétition du football professionnel en Belgique. La " Task force " mise sur pied parle C.A. de la Pro League planche actuellement sur différentes formules possibles. A 16, à 18 voir même à 20 clubs !

Si les disparitions de certains clubs devaient se confirmer, il serait tentant en effet de concevoir une série à 20 clubs. 38 matchs et donc la disparition des play-offs. Mais aussi la suppression de la division 1B et une ligue professionnelle plus fermée que jamais. Une première étape selon certains (gageons qu’on y pense du côté de Bart Verhaege) vers la future BeNeLeague. Mais nous n’en sommes pas encore là. Attendons d’abord de voir ce que vont décider les arbitres de CBAS, sur base des nouvelles explications complémentaires données par les clubs concernés.

Thierry Luthers