Lettre au Premier ministre : les bourgmestres de Wallonie picarde craignent la ruée vers les magasins français

Faire ses courses de l’autre côté de la frontière, une vieille habitude pour les Belges qui vivent à un jet de pierre de la France.

Mais au temps du Covid, le shopping transfrontalier revêt des allures de comportement à risque. Dans les communes de Wallonie picarde, le discours du Président français, Emmanuel Macron, annonçant la réouverture des commerces dès ce samedi 28 novembre a réveillé l’inquiétude des élus locaux.

Magasins ouverts d’un côté de la frontière, fermés de l’autre…

"Il ne faut pas être grand clerc pour s’imaginer que de nombreux Tournaisiens, Mouscronnois, Cominois vont tous se ruer en France, avec un risque de se choper encore une fois le virus", s’exclame Paul-Olivier Delannois (PS), bourgmestre de Tournai et coprésident de la Task Force Covid de Wallonie picarde, un groupe de travail qui s’est donné pour mission de lutter contre le virus. Cette crainte s’exprime dans un courrier qui vient d’être adressé au Premier ministre, Alexander De Croo et au ministre-président de la Région Wallonne, Elio Di Rupo. Il est signé par Paul-Olivier Delannois et par l’autre coprésident du groupe, le Frasnois Jean-Luc Crucke (MR), par ailleurs Ministre wallon du Budget et des finances.

Une lettre pour attirer l’attention

Le courrier n’exige rien mais il est rédigé comme un avertissement : "Les responsables desdites communes ne disposent absolument pas des effectifs et des moyens opérationnels qui permettraient de limiter les déplacements de population qui pourraient en découler, sans compter sur le mécontentement des commerçants que la situation pourrait entraîner".

Faut-il ouvrir aussi côté belge ?

Quand on demande à Jean-Luc Crucke si cette lettre demande la réouverture des commerces belges, il nuance : "On peut limiter les déplacements vers la France en permettant aux Belges de fréquenter des commerces locaux et faisons-le prudemment et pas de manière inconsidérée. […] Je crois qu’il y a moyen d’ouvrir partiellement et très progressivement".

Au fait, Elio Di Rupo et Alexander De Croo ont-ils répondu aux élus de Wallonie picarde ? "Pas encore" nous dit-on…

Isabelle Palmitessa

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