Les Louves, un podcast sur les violences sexistes à l'UCLouvain

Non, l'université n'est pas un endroit où l'on se sent toujours en sécurité, à l'abri, entre pairs. Les comptes Instagram et Facebook du collectif "La Meute" ont publié à plusieurs reprises des témoignages relatifs à des agressions sexuelles et des viols survenus sur le campus. En réaction , L'UClouvain a notamment mis sur pied le dispositif "Together@UCLouvain.be", une adresse unique à laquelle les victimes - et témoins - peuvent s'adresser et être pris en charge en toute discrétion. Cette semaine, à l'occasion de la journée contre les violences faites aux femmes, l'université dévoile un nouvel outil: Les Louves, un podcast en 6 épisodes pour libérer la parole autour de ces violences sexistes.

Ecouter Les Louves, c'est entendre les jeunes raconter leurs expériences plus ou moins traumatisantes et ce qu'ils ressentent. Dans l'épisode consacré au harcèlement, une jeune fille raconte par exemple comment elle se fait régulièrement siffler en rentrant de la salle de sport ; une autre a été abordée par un type qui lui a proposé un massage érotique alors qu'elle faisait un jogging autour du lac ; la troisième évite désormais le bois depuis qu'un quidam a baissé son pantalon devant elle...

Juste de la drague lourde ? Pas de quoi s'offusquer ? Non, il s'agit de harcèlement qui doit être défini comme tel et qui peut donner lieu à des plaintes et à des poursuites poursuit le podcast, qui donne la parole à une juriste.

L'experte rappelle le cadre juridique, d'autres  expliquent les démarches qui peuvent être entreprises. L'essentiel, c'est de ne plus avoir peur de parler : dire tout haut que ces comportements sont déplacés, qu'ils se déroulent dans les baptêmes, sur les bancs des auditoires ou à l'intérieur des kots.

Une étudiante lève d'ailleurs un autre tabou, de manière anonyme : ce prof qui lui envoie un sms en lui demandant de passer le voir. Ou cette perception qu'il vaut mieux mettre une jolie robe le jour de l'examen. Le rapport de force est inégal et propice aux dérives.

 Pour Tania Van Hemelryck, conseillère du recteur à la politique des genres, la relation pédagogique, avec sa dimension hiérarchique, est de nature à favoriser le harcèlement. Pour autant , y a-t-il déjà eu des élèves qui ont dénoncé des enseignants ? Non, dit-elle, mais cela ne signifie pas que ces comportements n'existent pas. Les victimes ne parlent pas parce qu'elles ont peur de représailles et de l'impact que cela pourrait avoir sur leurs résultats.     

Parler pour faire reculer la peur mais aussi pour sensibiliser les agresseurs. L'université est convaincue qu'il y a un travail de pédagogie à faire à leur encontre. Elle s'apprête d'ailleurs à doter la communauté estudiantine d'un nouvel outil :une formation en ligne sur le consentement et le harcèlement est annoncée.

vefo

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