Les glaces vegan, vrai succès commercial ou simple tendance?

Avec le retour des beaux jours et de la saison estivale, les crèmes glacées font leur retour et la musique des marchands ambulants se remet à résonner.

Parmi la large offre de produits disponibles pour les consommateurs, les glaces vegan commencent doucement à s'imposer auprès d'un public.

Pour rencontrer la demande de ce segment de la population aux habitudes alimentaires quelque peu différentes, les grosses entreprises n'hésitent désormais plus à miser sur ces produits en proposant de nouvelles tendances de goûts et de produits.

De quoi s'agit-il?

Différents types de glace s'offrent généralement aux consommateurs: la crème glacée qui se compose de lait écrémé, sucre, eau et d'arômes selon le goût souhaité. La simple glace, elle, se compose d'un mélange d'eau, sucre et de graisses alimentaires végétales ou animales. Enfin, le sorbet est fait à base de sirop, d'eau et de sucre dans lequel des fruits sont rajoutés.

Le régime vegan implique que tout aliment d'origine animale soit banni du menu. Qu'il s'agisse du lait, des oeufs ou d'autres denrées comme le miel, les consommateurs adeptes de ce type de régime excluent n'importe quel produit alimentaire dès lors qu'il se compose d'ingrédients issus de l'exploitation animale.

La glace, produit important de consommation, n'échappe donc pas à ce phénomène et de nombreuses grandes marques proposent dorénavant des versions vegan de leurs produits phares. "On note une vraie évolution de cette catégorie de produits avec notamment 10 références vegan parmi lesquelles de grandes marques comme Magnum, Ben&Jerry's, Alpro, Cornetto, Ijsboerke ou Swedish Glaces", explique Karima Ghozzi, porte-parole du groupe Delhaize.

Quel succès?

Ainsi, dans les rayons dans les rayons des supermarchés, les plats et substituts vegan prennent de plus en plus de place car de nombreux consommateurs décident d'opter pour les alternatives végétales. Si les produits vegan ont été introduits depuis environ une dizaine d'années et les premières glaces il y a environ 4 ou 5 ans, la demande du public semble être de plus en plus importante.

"On a vraiment une demande assez pressante de la part de nos clients pour élargir cette assortiment de produits végétariens et vegan, voilà pourquoi de nouvelles références, notamment au niveau des glaces, ont été introduites chez Delhaize cette année", ajoute Karima Ghozzi.

En ce qui concerne les glaces vegan, ces produits semblent particulièrement attirer un public plus jeune. "Dans les magasins ou l'on note un public étudiant, on a lancé un freezer avec des produits bio, light et vegan. Les volumes sont encore relatifs mais on remarque que cela évolue assez rapidement en ce sens", précise-t-elle. Et même si au niveau des prix, on est sur des tarifs légèrement plus élevés pour les glaces vegan, cela reste tout de même assez limité.

La tendance n'est pas neuve dans la grande distribution. Comme l'expliquait l'an dernier Nathalie Roisin, porte-parole de Colruyt, à nos confrères du Vif : "Les produits véganes sont un gros succès en Flandre, mais on remarque une forte augmentation en Wallonie ces deux dernières années, avec une attention pour les produits 100% végétaux, explique Nathalie Roisin, la porte-parole du magasin.

Et les artisans glaciers ?

Le son de cloche est toutefois différent auprès d'artisans comme Capoue, célèbre glacier en Région bruxelloise. "On observe une recrudescence d'intolérants au lactose et au gluten mais la demande pour les produits vegan reste assez faible", précise un porte-parole de l'entreprise belge. "Les vegans pourraient parfaitement se retrouver dans un choix de sorbets ou dans la glace au lait de riz qui ne contient pas de matières animales, mais nous ne l'estampillons pas spécifiquement comme vegan et nous évitons de segmenter les catégories de consommateurs."

Sans crème, ni lait de vache et sans œufs, les glaces végétales ne s'imposent pas encore de manière spectaculaire auprès des consommateurs mais prennent toutefois de plus en plus de place dans les rayons des supermarchés du Royaume, probablement aussi car celles-ci sont considérées comme plus éthiques car elles ne participent pas à l’exploitation des animaux.

Alex Tabankia

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