Pollution de l'Escaut : la Belgique n'est pas près d'être indemnisée

Il n’y aura plus de poisson dans l’Escaut, sur une portion de trente-six kilomètres, avant de longs mois dans le Tournaisis.

Même si le taux d’oxygénation de l’eau est redevenu acceptable, le retour à la normale en ce qui concerne la faune n’est prévu que dans trois ans. C’est la conséquence d’une pollution survenue le 9 avril en France : la digue d’un bassin de décantation de la sucrerie Tereos à Thun-Saint-Martin (entre Cambrai et Valenciennes) s’est brisée, déversant l’équivalent de 14.285 camions de pulpe de betterave en décomposition dans le fleuve. Des dizaines de milliers de tonnes de poissons ont été privés d’oxygène et sont morts asphyxiés. La France, qui aurait dû, au nom d’accords internationaux, prévenir la Belgique, ne l’a pas fait. Les conséquences ont été catastrophiques, la Wallonie ayant été avertie trop tard, via l’appel d’un riverain.

Cette catastrophe écologique majeure n’est pas près de trouver son aboutissement au niveau des responsabilités. Dans un premier temps, Tereos a reconnu sa responsabilité, avant de se rétracter, partiellement. En tous cas d’affirmer qu’il était "trop tôt pour établir de quelconques liens de causalité"…

Les autorités judiciaires françaises vont d'abord désigner le responsable

A ce jour, l’instruction est en cours, côté français. Ce sont en effet les autorités françaises qui mènent l’enquête. Une enquête gérée par le parquet de Cambrai. Ce sera donc aux autorités françaises d’établir les responsabilités. Ensuite, l’affaire sera jugée, (et on connaît les délais importants qui peuvent en découler, sans compter les possibilités de recours). Une fois le (ou les) responsable(s) désignés officiellement, les autorités belges pourront introduire un dossier d’indemnisation à son (leur) encontre.

A ce stade, des plaintes ont été introduites par la région wallonne via son "Département de la Police et des Contrôles" pour des infractions en matière de gestion des déchets, de protection de l’eau et d’infraction à la loi sur la conservation de la nature.

L’amende pour ce type de pollution peut se monter à un million d’euros. Le rempoissonnement naturel, mettra du temps. On l’estime à environ trois ans.

Florence Dussart

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