Confinement et aide aux sans-abris : l'opération thermos s'adapte dans l'urgence

Les mesures de confinement frappent aussi les plus démunis, comme les personnes qui vivent dans la rue.

Ceux qui leur viennent en aide doivent également s’adapter. C’est notamment le cas de l’Opération thermos qui a dû revoir complètement son dispositif pour pouvoir continuer à distribuer des repas aux sans-abris. Le lieu de distribution de nourriture a lui aussi été déplacé pour pouvoir garantir une distance suffisante entre les personnes.

Fini les files dans les couloirs du métro et les distributions de repas, désormais c’est dans l’entrée d’un parking sous-terrain au pied de l’Albertine que les volontaires distribuent les vivres. " On a dû trouver un endroit dans l’urgence pour pouvoir faire une file de façon différente puisqu’il faut une distance d’1,5 m entre les personnes, indique Céline Vivier de l’Opération thermos. Cela implique qu’on doive mettre des gants, porter des masques, c’est une toute autre manière de faire. "

Repas froids à emporter

Si l’on en croit le nombre de sans-abris présents hier soir - à peine une trentaine alors qu’ils sont une centaine habituellement - , l’information sur le nouveau lieu de distribution doit encore circuler. Ces changements perturbent inévitablement le travail de l’asbl qui a également dû revoir le contenu de ses repas. " On est passé d’un repas chaud complet à manger sur place, avec une certaine convivialité, à des sacs à emporter, des sacs de vivre ", explique Céline Vivier.

La mécanique est bien en place. Tout est fait pour éviter les contacts entre les personnes. " On distribue effectivement des colis en deux temps. On met le colis sur la table, le bénéficiaire arrive et le prend, détaille la porte-parole de l’asbl. Il n’y a pas de contact ente les personnes et il y a la table qui permet de garder la distance nécessaire. Socialement ce n’est pas le plus agréable mais bon, on est bien obligé de faire comme cela. " Une situation que regrette aussi Samuel de l’asbl la Bulle venu prêter main forte à l’Opération thermos. " Avec ce dispositif, on n’a plus vraiment le temps de discuter ni d’échanger des informations ".

"On manque de tout "

Du côté des principaux intéressés, on mesure chaque jour un peu plus l’impact du confinement mais on s’adapte, faute de mieux. " On a plus en plus de difficultés à trouver de la nourriture, tous les restaurants sont fermés, constate Lupo qui vit dans la rue depuis plusieurs années. Les supermarchés ont de moins en moins à jeter. Avant on pouvait se laver mais là on ne peut plus parce que toutes les associations où on le fait d’habitude, sont fermées. A cause de tout cela, on n’a plus rien. "

Bénévoles confinés

Confinement oblige, l’Opération thermos ne peut plus non plus s’appuyer sur son réseau habituel de bénévoles. " On travaille depuis toujours avec les Scouts, ce qui n’est plus possible actuellement, constate Céline Vivier. On travaille avec des écoles aussi habituellement. On a également des bénévoles qui ont grandi avec l’association et qui sont aujourd’hui plus âgés et sont donc des personnes à risques pour le coronavirus… Elles ne viennent plus pour le moment. On a donc perdu un nombre important de bénévoles, on doit tout réorganiser. "

Une situation compliquée pour l’asbl. Mais malgré ces circonstances, l’opération thermos entend bien continuer à venir en aide aux plus démunis. Elle poursuivra ses distributions de nourriture tant bien que mal malgré les mesures de confinement jusqu’au 30 avril, date de la fin du plan hiver.

F.C.

Retrouvez l'article original sur RTBF