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Le pâturage de moutons dans des cultures de sapins de Noël, une initiative inédite et écologique

Les producteurs wallons coupent chaque année entre 4 et 5 millions de sapins de Noël.

Ils sont destinés au marché belge mais surtout étranger puisque la Belgique est le deuxième exportateur européen. En fait, 80% des arbres produits chez nous sont exportés. Mais problème : la filière a encore trop régulièrement recours aux produits chimiques. Des producteurs et une association locale ont mis sur pied des actions pour utiliser moins d’intrants chimiques.

Une initiative originale et écologique lancée à Bièvre

Deux parcelles de sapins ont été clôturées il y a quelques mois pour accueillir des moutons. Ils mangent l’herbe et les plantes mais pas les sapins. Plus besoin donc de pesticides. "Il s’agit de shropshires, une race résistante. Ils permettent de ne pas manger les jeunes plants de sapins de Noël", explique Anthony Pochet, éleveur. "Si on ne les ennuie pas, ils ne font aucun mal aux arbres. Par contre ils mangent toutes les autres plantes".

Pour s’occuper des ovins, il n'est pas nécessaire de réaliser un entretien récurrent. Des graines de temps en temps et deux grands abreuvoirs pour qu’ils puissent boire sont suffisants. Ces moutons n’ont donc besoin de pas grand chose. "Les essais visent à diminuer l’utilisation des pesticides sur les parcelles mais aussi les herbicides et insecticides", détaille Antonio Ramirez. "Pour organiser ce pâturage de moutons dans les cultures, nous avons choisi une race bien particulière : le shropshire. Il provient d’Angleterre et offre la caractéristique de ne pas toucher aux arbres en général et donc aux sapins. Deux parcelles – l’une à Bièvre et l’autre à Mogimont – sont en test. Il faudra évaluer cette technique en 2020. Mais il y a déjà deux autres producteurs qui sont intéressés".

Des producteurs convaincus mais qui redoutent le coût à terme

La plupart des producteurs de sapins sont ouverts à ce type d'initiative. Exemple avec Louis Brasseur, propriétaire de 600 hectares en Ardenne. Il a accepté de développer ces pâturages de moutons dans deux de ses parcelles. L'exploitant forestier croit au projet mais il redoute le coût à terme. "Ces arbres risquent quand même de coûter plus chers en produit fini par rapport aux cultures conventionnelles. Il sera important d'expliquer aux consommateurs que c'est bien de cultiver de manière écologique mais que cela prend plus de temps pour que les sapins se développent. Ils devront sortir le portefeuille pour acheter ces arbres", conclut Louis Brasseur. 

L'Union Ardennaise des pépiniéristes a recensé 3120 hectares de cultures de sapins de Noël en Belgique. La grande majorité des surfaces dédiées à ces arbres se trouvent en Wallonie essentiellement dans les provinces du Luxembourg, de Namur et de Liège. 

Mathieu Baugniet et Juliette Pitisci

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