Gouvernements: pléthore, cohérence et parité

Il aura fallu attendre jusqu’au milieu de la nuit mais désormais la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles disposent de leur gouvernement respectif.

Il aura fallu attendre jusqu’au milieu de la nuit mais désormais la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles disposent de leur gouvernement respectif. La coalition que d’aucuns redoutaient tant avant qu’après le scrutin a même été installée dans une certaine allégresse. Qu’il paraît loin ce rejet du libéralisme aveugle, du terrorisme vert ou de la sclérose socialiste. C’est le charme de la politique à la belge : à la fin, tout le monde s’embrasse (ou presque).

Vieilles habitudes

Cela reste plus fort qu’eux. Avant les élections, chacun plaide pour une réduction des effectifs ministériels et au moment de conclure, la tentation de contenter le plus de monde reste la plus forte. Pour la première fois depuis 25 ans, il n’y a même plus de " double casquette " mais bien 13 ministres de plein exercice. A titre de comparaison, la Flandre gère le même paquet de matières (régionales et communautaires) avec… 8 (!) ministres. En 2009, la tripartite PS-cdH-ECOLO y était arrivée avec 9 seulement, en se répartissant les compétences entre région et communauté.

Quelques portefeuilles ne sont guère épais…

Hormis, la surprise Glatigny, le MR aura surtout confirmé les sortants. Vingt après, Elio Di Rupo retourne à l’Elysette, où il avait également effectué un deuxième passage (2005-2007). Le Montois ne sera jamais resté plus d’un an et neuf mois à Namur.

Les vieux serviteurs Marcourt et Demotte monteront au perchoir, comme avant eux Spitaels, Collignon ou Happart.

Nouvelles pratiques

ECOLO semble avoir quelque peu peiné à finaliser son casting, rappelant Philippe Henry, par défaut de Stéphane Hazée, s’ouvrant également à la société civile très très proche.

La parité y est (presque) enfin : 6 femmes sur 13, le double de 2014.

La répartition des compétences wallonnes dénote une certaine cohérence : le social aux socialistes, l’économie aux libéraux et l’environnement aux écologistes. Le PS retrouve en outre la tutelle sur les communes… et les intercommunales mais aussi après 10 ans, l’enseignement obligatoire.

Il reste à présent à faire vivre cet alliage de neuf et d’ancien, de créer une véritable cohésion.

ECOLO change de présidence. PS et MR vont faire de même. Elio Di Rupo compte bien continuer à participer (comme le président du parlement… wallon) aux négociations fédérales, enlisées pour de bon. La Wallonie n’est donc déjà pas la seule priorité de son nouveau ministre-président. Cette situation ne pourra durer.

 

@PhWalkowiak

Philippe Walkowiak

Retrouvez l'article original sur RTBF