Enfants revenus de Syrie: quel accompagnement à leur retour en Belgique?

Six orphelins belges sont en train d'être rapatriés de Syrie vers la Belgique.

Leurs parents ont combattu au sein des rangs du groupe terroriste État Islamique. Depuis de longs mois, ils étaient seuls dans le camp de Al-Hol dans le nord-est de la Syrie. Une fois de retour en Belgique, ils vont suivre un parcours bien précis mis en place par les services d'aide à la jeunesse. 

Avant le retour sur le sol belge, une collaboration étroite s'installe entre les services d'aide à la jeunesse, le parquet de la jeunesse et l'OCAM, l'organe de coordination pour l'analyse de la menace. Cette collaboration a pour but de préparer le retour des enfants, mais aussi leur accueil. 

Première étape : un bilan médical

Lorsque les enfants sont en Belgique, la première étape est de réaliser un bilan médical. Les enfants vont rester, selon les cas et les besoins, entre 24 heures et 15 jours à l'hôpital. Les conditions de vie dans les camps de réfugiés syriens sont déplorables. On peut supposer que l'état de santé et l'état psychologique de ces enfants ne sont pas très bons.

Dans certains cas, les enfants ont encore des grands-parents qui souhaitent pouvoir s'occuper d'eux. Des visites seront donc organisées, elles seront observées avec attention. Il faut s'assurer qu'un lien peut encore se (re)créer entre les enfants et leurs grands-parents. Parallèlement, une enquête sociale est réalisée afin de vérifier que les membres de la famille sont en mesure d'accueillir ces enfants. 

Un suivi à domicile ou en institution 

Dans un second temps, une décision sera prise sur base de l'avis de l'hôpital. Le conseiller du service d'aide à la jeunesse va formuler des propositions. Il s'agit d'une aide volontaire, un programme d'aide va être contractualisé.

Si l'enfant est placé chez ses grands-parents, ceux-ci bénéficieront d'un accompagnement notamment via le CAPREV, le Centre d'Aide et de Prise en charge de toute personne concernée par les Extrémismes et Radicalismes Violents. Il s'agit d'un suivi à domicile, individualisé, qui s'inscrit dans un processus de désengagement. 

Si l'enfant n'a plus de famille ou si un accueil dans sa propre famille n'est pas possible, un placement en famille d'accueil ou en institution sera décidé. 

Melanie Joris

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