Raoni à Bruxelles : « Les esprits nous regardent et se demandent pourquoi nous nous tuons »

Quelque 650 personnes ont participé vendredi à la 19e marche pour le climat organisée par Youth For Climate à Bruxelles, selon des chiffres actualisés de la police.

 La marche a été marquée par la présence, en début de parcours, du chef indigène Raoni, mondialement connu pour sa lutte en faveur de la forêt amazonienne et sa biodiversité. « Je suis venu ici parce que je suis très préoccupé par la destruction de la forêt, des arbres et des animaux. Je viens ici vous demander votre aide pour la protection de la forêt », a expliqué cet activiste brésilien aux jeunes avant le départ du cortège depuis Bruxelles-Central. « Les esprits nous regardent et se demandent pourquoi nous nous tuons. Pourquoi vous entre-tuez-vous ?, demande le chef indigène. Mes compagnons, vous devez savoir que nous aimons le Brésil, mais nous sommes en train de tuer les Indiens. »

Une présence qui a touché le public. Jeunes et moins jeunes s’étaient donné rendez-vous pour cette nouvelle marche pour le climat. « C’est un magnifique message pour tous les gens de la terre. J’espère qu’on l’écoutera. Il est un emblème sur pied. Rien que voir une personne de cet âge-là se déplacer, faire autant de kilomètres alors qu’il y a dans cette ville, qui sent les pots d’échappement, un air dur à respirer. Lui, il vient de son Amazonie nous parler, nous voir », s’est exprimé Geneviève.

Hélène, 15 ans, ne connaissait pas le chef Raoni avant que son grand-père ne lui en parle. Depuis, elle s’est renseignée. Ils sont venus ensemble écouter le discours de l’activiste brésilien. « Avoir ce genre de personnes qui croit en nous et qui participe à la marche, ça nous donne du crédit », estime Hélène.

« Je n’ai pas de mot pour dire combien c’est important. Si ce monsieur vient de si loin jusqu’à notre tout petit pays, c’est qu’il faut faire beaucoup de choses », s’exclame une autre dame présente ce vendredi.

 

Quelques minutes plus tôt, Anuna De Wever, l’une des cheffes de file du mouvement Youth For Climate et d’autres jeunes du mouvement se sont adressés à la foule, à quelques jours des premiers examens. « Merci de nous avoir rejoints, merci d’avoir privilégié l’urgence climatique à l’urgence des examens », a scandé l’un des jeunes organisateurs.

« Raoni s’est battu toute sa vie pour le climat. Nous venons de commencer cette bataille il y a quelques semaines. Raoni est un modèle pour nous tous », a indiqué la militante pour le climat, Anuna De Wever.

Parmi les manifestants, le dessinateur Philippe Geluck brandissait une pancarte sur laquelle on pouvait voir son célèbre chat affirmer : « Un million d’espèces menacées par une espèce… de con », faisant référence au déclin alarmant de la biodiversité.

La dernière marche se tiendra le vendredi 24 mai, à deux jours des élections, pour coïncider avec une grève mondiale pour le climat.

« Nous nous concentrerons ensuite sur nos examens et nous les réussirons », a affirmé Anuna De Wever, figure emblématique de Youth For Climate. « Parce qu’après, il faudra revenir », a-t-elle conclu.

Raoni, défenseur de la forêt

Âgé de 87 ans, Raoni Metuktire appartient au peuple Kayapo. C’est en 1954 qu’a eu lieu la première rencontre entre Raoni, les membres de sa tribu et des Occidentaux.


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Après un documentaire sur la déforestation de sa région en 1978, avec Marlon Brando comme narrateur, et une rencontre avec Sting en 1987, Raoni Metuktire s’est fait un nom et a commencé son combat contre la déforestation de l’Amazonie. Le chef indigène est actuellement en voyage en Europe pour défendre sa lutte. L’homme veut convaincre les leaders européens que notre manière de vivre et notre politique doivent changer.

RTBF avec M. Joris et D. Dussein

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