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Belgian Pride: "Il n'y a pas de communauté homosexuelle, il y a des citoyens comme les autres"

Samedi, la Belgian Pride colorera les rues de la capitale et tentera de sensibiliser à lutte contre l'homophobie. Le tout, dans la joie et l'ambiance festive. Mais ce rassemblement annuel fait-il reculer les homophobes ? François Gemenne, professeur à...

Samedi, la Belgian Pride colorera les rues de la capitale et tentera de sensibiliser à lutte contre l'homophobie. Le tout, dans la joie et l'ambiance festive. Mais ce rassemblement annuel fait-il reculer les homophobes ?

François Gemenne, professeur à l'ULg, n'est pas certain que "la Pride fasse reculer l’homophobie". Il s'explique: "J’ai plutôt tendance à observer une sorte de montée non seulement d’homophobie mais de la xénophobie, de l’islamophobie, de l’antisémitisme, et on a l’impression que toutes les minorités sont de plus en plus stigmatisées."

Pour le professeur, ce type d’événement accentuerait la stigmatisation et une caractéristique personnelle d’un individu, en l’occurrence ici son orientation sexuelle, deviendrait le marqueur d’une appartenance à une communauté. "Je pense que c’est cette réduction d’un individu à une caractéristique qui tend, à mon avis, à accentuer ces phobies, et donc ces réactions de rejet et de haine, qui parfois connaissent malheureusement des détours dramatiques", explique-t-il.

Il faut pousser la lutte contre l’homophobie là où elle est développée

Issues des premières émeutes de Stonewall en 1969 à New York contre les violences policières, les prides ont tout de même fait avancer les choses. Alain Gerlache, journaliste, concède tout de même qu'un certain communautarisme servirait de base au rejet. "Moi je pense que c’est une erreur de vouloir insister à tout prix sur la communauté homosexuelle. Il n’y a pas de communauté homosexuelle, il y a des citoyens comme les autres qui revendiquent de pouvoir vivre comme les autres, parce que leur orientation sexuelle n’est pas un étendard."

Evidemment, l'homophobie reste un combat à mener. L'idée des deux intervenants de Matin Première est de le faire autrement qu'en s'appuyant sur la différence et sur des stéréotypes. "Il faut pousser la lutte contre l’homophobie là où elle est développée, c’est-à-dire par exemple dans des idéologies, dans des enseignements religieux qui légitiment et valorisent la discrimination et les violences, comme on l’a encore vu avec les manuels utilisés pour la formation des imams à la Grande mosquée."

RTBF La Première

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