Les barrages de Belgique sont sûrs, et les plans d'urgence sont prêts

Que fait-on pour protéger la population wallonne contre les risques d’incident dans un barrage? Thibaut Mouzelard, directeur au service des barrages se veut rassurant. Une situation telle que celle vécue par le barrage californien d'Oroville est peu...

Que fait-on pour protéger la population wallonne contre les risques d’incident dans un barrage? Thibaut Mouzelard, directeur au service des barrages se veut rassurant. Une situation telle que celle vécue par le barrage californien d'Oroville est peu probable et les mesures de protection des populations sont en places.

Etat des lieux: la Belgique compte quinze barrages repris dans la liste du comité international des grands barrages qui en recense près de 100 000.  Pour entrer dans cette catégorie, un barrage doit afficher une hauteur d’ouvrage (fondations comprises) de plus de quinze mètres. Dans le monde, leur nombre a explosé au début du XXème siècle. Le barrage de La Gileppe, qui figure parmi les plus grands du pays, remonte à 1875, et a été rehaussé dans les années 60. Sur notre territoires, les trois plus grands sont les barrages de La Gileppe, de l’Emblève et de la Plate Taille. Ce dernier  possède une retenue de 68 millions de m3 (27 millions pour La Gileppe et 25 millions pour la Vesdre).

Responsables de ces "ouvrages réservoirs", le service des barrages a précisément pour mission d’éviter d’en arriver à des situations catastrophiques comme aurait peu le devenir l’incident d'Oroville en début de semaine. "Nous devons nous assurer que même en cas de dysfonctionnement ou d’intempérie, ni l’ouvrage, ni la population ne seront pas mis en péril", insiste Thibaut Mouzlard.

Deux axes de sécurité

Le service des barrages s’attache à deux axes de sécurité. D'abord, un ouvrage doit être fonctionnel. Un barrage vit. Il est équipé de multiples capteurs qui mesurent en permanence les inclinaisons et les pressions en temps réel. "Nous testons les organes de sécurité. C’est le cas des évacuateurs de crue qui doivent pouvoir fonctionner en cas de besoin. Les vannes de vidange sont un peu les bouchons d’une baignoire".

Il faut aussi gérer les quantités d’eau pour ne pas submerger. Mais il faut, à l’inverse, pouvoir fournir des quantités d’eau suffisantes pour distribuer l'eau (qui deviendra potable, se transformera en électricité ou servira pour les sports de loisir). "Nous avons des courbes de manutention qui nous indiquent les niveaux idéaux Cette année nous sommes en dessous de ces courbes à cause de courbes insuffisantes depuis un an".

Et comme toute entreprise, les barrages ont chacun, un "plan interne d’urgence" qui précise les procédures à suivre dans chacune des hypothèses. "Le document établit, notamment, les schémas de communication. La Wallonie dispose de deux centres de crise, l’un régional et l’autre fédéral". En cas de crue, le service des barrages collabore notamment avec ses collègues responsables de l’hydrologie.

Et en cas de dysfonctionnement majeur…

En cas de risque d’incident majeur, des études réalisées par l’Université de Liège permettent de savoir quelles zones seraient impactées en cas de rupture. Le service des barrages est actuellement en discussion avec les gouvernements des provinces wallonnes (sauf le Brabant-Wallon qui ne dispose pas de barrage sur son territoire) pour établir des cartes de risques. Des cartes qui ne seraient pas remises aux riverains, mais bien aux services de secours susceptibles d’intervenir. Les résultats des modélisations existent, mais doivent encore être traduits sous une forme utilisable par les services de secours.

Mais Thibaut Mouzelard rassure, il n’y a jamais eu de problème majeur et le moindre incident serait annoncé par des signes avant-coureurs. Quant aux risques de "surverse" (de débordement), ils sont  particulièrement faibles en Belgique où les constructeurs de barrages ont toujours vu grand nous précise-t-on. "Nous n’avons pas joué avec la sécurité et les évacuateurs de crue sont très surdimensionnés. Les évacuateurs n’ont jamais été sollicités à leur pleine capacité". 

Jean-Claude Verset

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