Ciney 5590

Les agriculteurs unissent leurs forces grâce au cofarming

Acheter du matériel agricole est très coûteux. Certaines structures ont donc mis en place des systèmes de cofarming pour acheter, échanger ou louer à plusieurs du matériel.

Le cofarming est la solution trouvée par certains agriculteurs pour mutualiser leurs moyens. À Chevetogne, Philippe Henrard a décidé d'utiliser la location de machines agricoles innovantes afin de se lancer dans l'agriculture de conservation.

J'ai décidé de ne plus travailler le sol mais de laisser les insectes faire leur travail pour régénérer la terre. Je ne retourne plus du tout la terre ce qui permet d'éviter les problèmes d'érosion ou encore d'asséchement de la terre.

Depuis un an Philippe est membre de l'ASBL Regenacterre. La structure achète des machines très coûteuses et innovantes dont un semoir direct que teste Phillippe sur son exploitation. C'est à Corroy-le-Grand que les machines sont stockées détaille Sylvain Colienne, l'un des agronomes de l'ASBL :

Nous gérons une soixantaine d'agriculteurs et donc on a décidé d'acheter des machines très innovantes mais très onéreuses afin que nos agriculteurs puissent se les partager en les louant. On achète le matériel au nom de Regenacterre et les agriculteurs qui sont membres viennent chercher la machine. Il y a un coût à l'hectare pour l'utilisation de la machine et les agriculteurs rapportent ensuite. Il y a parfois des pics d'utilisation pour le matériel mais il s'agit de matériel extrêmement pointu. C'est donc souvent des agriculteurs qui veulent tester une innovation qui nous louent ce type de machine. Ils ne sont donc pas tous demandeurs du matériel que l'on a. Le matériel plus classique ils l'ont tous sur leurs exploitations.

Chez Philippe, le partage du matériel a clairement été un incitant pour se lancer dans l'agriculture de conservation. Il évite ainsi de dépenser 50.000 euros pour une machine qu'il utilise moins qu'un semoir classique :

Démarrer seul l'agriculture de conservation ça aurait été trop onéreux. C'était donc une opportunité de pouvoir passer par cette structure et de pouvoir louer le matériel. Cela permet de diminuer les frais, de ne pas se lancer tête baissée dans un nouveau projet et on a des personnes qui nous encadrent et nous expliquent comment la machine fonctionne. Ils nous expliquent aussi comment travailler avec ce matériel et ils calculent avec nous comment diminuer au maximum nos frais. C'est donc très important.

Le Chevetognois est, en tout cas, convaincu. Les agriculteurs doivent d'avantages unir leurs forces :

Je pense que beaucoup d'agriculteurs font des essais chez eux et ne le disent pas forcément et c'est un tort je crois. Regenacterre fait des essais chez ses différents adhérents et l'ASBL explique ensuite à l'ensemble des membres ce qui a bien fonctionné ou pas.

L'ASBL applique le principe du cofarming pour la location de matériel coûteux mais aussi à travers l'achat groupé d'intrants. La soixantaine de membres est répartie sur l'ensemble de la Wallonie.

Acheter du matériel agricole est très coûteux. Certaines structures ont donc mis en place des systèmes de cofarming pour acheter, échanger ou louer à plusieurs du matériel.

Retrouvez l'article original sur MAtélé