Les abeilles déjà à l’œuvre grâce aux températures (trop ?) clémentes : pourvu que ça dure !

Le soleil brille, la nature s’éveille. Et au grand galop, avec les températures telles qu’on a connu ces derniers jours. Et déjà, on peut voir les abeilles s’activer autour des ruches.

"Pour les apiculteurs", commente Jean-Pierre Borloo, apiculteur amateur près de Chimay, "c’est un petit moment de stress : on va voir si les colonies ont bien passé l’hiver, ou non". Un peu alarmé par de mauvaises nouvelles de collègues français, il a eu le plaisir, durant le week-end, de voir que tout allait bien chez lui : "Mes 3 colonies vont bien, les abeilles sortent pour aller chercher du pollen, je croise les doigts !"

Et il a raison, car on est encore un peu tôt dans la saison !

"Plutôt, oui", explique Etienne Bruneau, administrateur délégué du CARI (Centre apicole de recherche et d’information). "Dès qu’il fait 8-10 degrés, les abeilles butineuses sortent pour chercher du pollen. Et même maintenant, elles en trouvent, auprès des perce-neige, des crocus, des narcisses, et des noisetiers".

La reine peut commencer à pondre

A ce moment-ci, c’est un prédémarrage. Les abeilles ramènent leur butin à la reine et celle-ci peut commencer à pondre. "Si on continue sur cette lancée (températures au-dessus de 8 degrés) on peut s’attendre à une super-saison, on pourrait avoir un miel de printemps dès fin avril !" Mais ne vendons pas le peau de l’ours… Le risque, c’est qu’il y ait une nouvelle phase de gelées.

Et là, on se dirigerait vers une catastrophe dans les ruches.

Pendant l’hiver, les abeilles se mettent en grappes pour se tenir chaud. "Elles peuvent tenir le coup même par moins 20 ! Quand la reine pond, les couvains doivent eux aussi être tenus au chaud, à 36° pendant 21 jours".

Moins nombreuses, pas très vaillantes

Par des abeilles pas trop nombreuses, en début de saison, et plus toujours très vaillantes. Elles vont faire tout ce qu’elles peuvent pour permettre la naissance des nouvelles abeilles, qui, à leur tour… Mais si le froid les rattrape, alors c’est foutu : plus assez d’abeilles pour chauffer les couvains, pas encore de jeunes vigoureuses en suffisance, celles qui restent vont se remettre en grappes, et la ruche compter ses cadavres…

Le compte à rebours est lancé, "il nous faut maintenant une période de 3 semaines sans coup de froid, qui verra éclore de nouvelles colonies dynamiques !"

Un réchauffement brutal

Tout ceci, c’est certes la nature… Mais le dérèglement climatique montre ainsi son impact. "Normalement, le réchauffement saisonnier devrait se faire en douceur. Un changement brutal, ce n’est jamais bon".


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Mais la situation globale des abeilles est en voie d’amélioration, conclut Etienne Bruneau. "Cette surmortalité de 25 à 40%, qu’on connaissait jusqu’il y a deux ans d’ici, s’est calmée. Les pertes importantes ne sont plus d’actualité, grâce, sans doute, à l’interdiction, relative, de l’usage des néonicotinoïdes".

Au moins peut-on souffler de ce côté-là.

A.M.

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