Le secteur de la construction mise sur les grands projets d'infrastructures pour sortir de la crise

L’activité économique du secteur de la construction dans son ensemble a baissé de 3,8% l’an dernier, à la suite de la crise du coronavirus, selon une analyse conjoncturelle de la Confédération Construction présentée jeudi.

Cette année, une relance de 5% serait possible, à condition que les grands projets, comme l’Oosterweel, le RER et le tram de Liège, puissent être exécutés. La fédération industrielle s’attend également à ce que de nouveaux logements soient construits dans les mois à venir.

Réaliser les grands projets publics

Avec ce recul de 3,8%, le secteur de la construction a moins souffert que l’économie dans son ensemble (-6,2%), a relevé l’administrateur délégué de la Confédération Robert de Mûelenaere, alors que doit débuter samedi l’édition virtuelle du salon Batibouw. La reprise attendue cette année, de 5%, sera donc moindre que celle de l’économie dans son ensemble (entre +5 et +6,2%).


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"Sur les deux années, nous voulons (en 2021) faire mieux qu’en 2019, même s’il y a un "grand mais". Les grands travaux publics doivent être réalisés", insiste le patron de la Confédération Construction. "Si ce n’était pas le cas, il y aurait une diminution d’environ 1% par rapport à 2019", prévient-il. "D’où l’importance des plans de relance."

Pour ce faire, le secteur tourne son regard vers la liaison Oosterweel à Anvers, le réseau RER des transports publics autour de Bruxelles ou le tramway de Liège. Le secteur du génie civil a réussi à se maintenir plus ou moins à flot l’année dernière et, grâce à ces projets et à une augmentation des investissements publics, il devrait connaître une croissance de 8,5% cette année, espère la Confédération.

Rénovations plutôt que constructions

Le secteur plaide donc une fois de plus en faveur des investissements publics. Grâce au "Green Deal" et au plan de relance européen d’après crise, le secteur devrait ainsi trouver de la main-d’œuvre supplémentaire à moyen terme. "Si nous voulons parvenir à ces objectifs climatiques, nous devons doubler, voire tripler les rénovations énergétiques. En Belgique, cela équivaut à environ 135.000 rénovations par an, soit 15 rénovations par heure", calcule la fédération.

Le secteur de la rénovation connaîtra également une croissance de 5% dans les prochains mois, après une baisse de 1,3% en 2020.


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La construction de nouveaux logements a, pour sa part, baissé de 8% l’année dernière à la suite des effets du confinement, évalue la Confédération, qui s’attend à une reprise de 3% dans ce segment en 2021. Cela grâce, entre autres, à des taux d’intérêt toujours bas ou à l’augmentation des revenus des ménages.

Les carnets de commandes de la moitié des entreprises de construction sont encore moins remplis qu’en 2019 et, pour 17% d’entre elles, ils sont beaucoup moins remplis ou même presque vides, alerte encore l’organisation.

Enfin, la production de bâtiments non résidentiels augmenterait d’environ 1% cette année, après s’être contractée de 10% en 2020.

Belga

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