Le secret de la confession a-t-il ses limites dans des cas graves ?

Un prêtre pourrait être poursuivi pour avoir gardé secret une confession. Un homme l'avait averti des projets de suicide d'une connaissance. La veuve de ce dernier a saisi la justice. Le prêtre devra passer en chambre du conseil.  Cette affaire suscite...

Un prêtre pourrait être poursuivi pour avoir gardé secret une confession. Un homme l'avait averti des projets de suicide d'une connaissance. La veuve de ce dernier a saisi la justice. Le prêtre devra passer en chambre du conseil.  Cette affaire suscite le débat. Les prêtres doivent-ils dévoiler certaines confessions ? Nous avons posé la question à l’Évêché de Liège.

Le confessionnal, un lieu intime où se dévoilent manquements et péchés. Depuis 30 ans, l'abbé Jean-Pierre Pire, doyen de Liège, les écoute avec bienveillance. Un acte commun mais qui nécessite un rituel bien précis. "Il faut que la personne vienne nous dire explicitement: "Père, est-ce que je peux me confesser?"  Si les faits sont relativement graves et qu'il y a des implications humaines, il est normal pour un chrétien d'assumer toutes ces implications humaines et je vais encourager la personne à réparer, si c'est possible de réparer, ça c'est absolument nécessaire.  Si la personne dit qu'elle ne veut pas le faire, je peux m'abstenir de la pardonner, j'en ai le droit", explique l'abbé Pire.

Si les faits peuvent être traduits en justice, l'abbé affirme qu'il incite la personne à se rendre mais si celle-ci refuse, que doit-il faire? Pour l'Evêché de Liège, tout dépend des circonstances. Il faut avant tout voir s'il s'agit d'une véritable confession ou d'une confidence qui, selon lui, relève du secret professionnel.  L'abbé Raphaël Collinet, vicaire épiscopal chargé des questions canoniques, explique: "Le secret professionnel est en principe non divulguable mais il peut être divulgué lorsqu'il y a la mise en danger grave de quelqu'un.  Si c'est dans le secret de la confession, il ne peut rien dire". 

Et ce, peu importe les faits, contrairement donc aux confidences. Ce qui n'était pas nécessairement le cas auparavant. "Je pense qu'il y a une évolution dans la société au niveau du secret professionnel" explique l'abbé Collinet. "On est plus sensible aujourd'hui à ne pas se cacher derrière le secret pour empêcher des crimes ou des dangers des personnes.  Il faut qu'on se pose réellement la question dans ce cadre-là mais pas dans le secret de la confession".

Néanmoins, dans le cas où la vie d'une personne est menacée, la loi belge est très claire : il faut avertir la police et violer si nécessaire tout secret professionnel.

Natacha Mann

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