Le Risk Management Group met en garde contre "un assouplissement prématuré des mesures restrictives"

Dans la prise de décision contre l’épidémie de coronavirus, il y a, bien entendu, les décisions du comité de concertation. Cet organe est composé des principaux ministres du gouvernement fédéral et de représentants des gouvernements des entités fédérées.

Le "CODECO" comme on l’appelle prend appui sur des recommandations émanant de certains autres groupes : il y a eu, par exemple, le CELEVAL ou le RMG. Ce dernier, le Risk Management Group, est composé de scientifiques et de représentants politiques. Son rôle ? Fixer les structures génériques pour la gestion de crise sanitaire, surveiller quotidiennement le risque et les menaces potentielles comme l’a expliqué aux députés de la commission fédérale COVID-19, le patron du RMG, le Dr Paul Pardon.

Le RMG suit donc de façon très précise la situation dans notre pays et propose certaines mesures à appliquer sur le terrain. Il conseille les gouvernements, le CODECO, mais ses recommandations ne sont pas nécessairement suivies par le politique.

Est-ce pour cela que le Dr Pardon a pris la plume ce lundi 23 novembre ? Le scientifique a envoyé un courrier "aux membres du Comité de concertation" ainsi qu’aux membres du comité interministériel Santé publique dans lequel le docteur est très clair : gare à un assouplissement prématuré.

Cinq constats implacables

Dans cette lettre de deux pages parvenue à notre rédaction, le Dr Pardon liste une série de constats sur l’impact de la deuxième vague :

  • Les hôpitaux qui rattrapaient le retard dans les soins non urgents retardés par la première vague ont dû, de nouveau, reporter ces soins. "La détection précoce des cas de cancer accuse également un retard";
  • La situation dans les hôpitaux pendant la deuxième vague ? "Extrêmement dramatique";
  • La deuxième vague a aussi provoqué "une perte de personnel plus importante que lors de la première vague.";
  • "À un moment donné, écrit le docteur Pardon, la Belgique a été le pays le plus sévèrement touché d’Europe";
  • À propos de la suspension des visites dans les établissements de santé Paul Pardon ne peut que déplorer que cela "a affecté la solitude et le bien-être mental des plus vulnérables, et ce malgré les expériences négatives de la première vague et des promesses faites".

Le secteur des soins de santé est sur le point d’imploser

Au vu de tous ces constats, le RMG "souhaite mettre en garde contre un assouplissement prématuré des mesures restrictives. Les chiffres restent élevés. Une fois de plus, nous avons vu que des mesures restrictives strictes étaient nécessaires et nous ont également montré leur utilité. La situation dans les hôpitaux reste précaire. Ce n’est que lorsque les chiffres seront suffisamment bas qu’un assouplissement progressif prudent pourra être mis en œuvre ; avec impérativement des ajustements réactifs très rapides dès le retour d’une tendance à la hausse. C’est essentiel si nous voulons éviter un effondrement de notre système de soins au cours des prochains mois."

La conclusion est encore plus forte : "Dire que cette fois il était moins une, sans en tirer de leçon, serait une grave erreur. Le secteur des soins de santé est sur le point d’imploser et mérite plus que

Himad Messoudi

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