Houffalize 6660

Le Père Noël des vitrines: Jean-Marie met les magasins aux couleurs des fêtes

C'est bientôt Noël, les vitrines des magasins ou des restaurants mettent leurs habits de fête. Vous avez certainement remarqué ces peintures faites à la main. Nous avons suivi un artisan en plein travail, ce matin, à Houffalize. Un travail de...

C'est bientôt Noël, les vitrines des magasins ou des restaurants mettent leurs habits de fête. Vous avez certainement remarqué ces peintures faites à la main. Nous avons suivi un artisan en plein travail, ce matin, à Houffalize. Un travail de créativité et de rapidité.

Toujours avec son rouleau et en un temps record, chaque année, Jean-Marie Lesage colore des centaines de vitrines à travers tout le royaume et parfois même au-delà. "Je commence par les blancs, je mets des fonds blancs partout.  Pendant que le blanc sèche, je vais d'une vitrine à l'autre.  Puis, je vais avec le bleu clair pour faire les ombres et les formes. C'est devenu un jeu, c'est amusant", explique-t-il.

Une histoire qui débute en 1968

Ce jeu, c'est en 1968 que Jean-Marie le débute alors qu'il est étudiant. "Je me suis mis à peindre et ça a pris une telle extension qu'à l'âge de 18 ans, j'avais presque 300 clients dans tout Liège. Par la suite, j'ai dû faire mon service militaire à la Force Navale à Ostende et là, j'ai eu un mois de permission.  J'ai donc pu décorer tout Bruges et Ostende et c'est comme ça que j'ai rencontré mon épouse", explique Jean-Marie.  

Et depuis, sa femme Martine l'accompagne partout, un duo inséparable où chacun a ses propres tâches. "Moi, je fais les factures, j'encaisse, je programme le nouveau client dans le gps et pendant ce temps-là mon mari commence, je le mets en route avec ses couleurs.  Ensuite, il peint et puis je remets tout dans la voiture et comme ça, on avance.  Je ne me suis jamais demandé si ça me plaisait, on travaille ensemble, c'est d'office pour moi", explique Martine.

C'est aussi Martine qui se charge des paiements, 100 euros la vitrine peu importe la taille, ce qui compte, c'est le déplacement, un déplacement qui amuse toujours les clients. "En fin de compte, les gens qui sont habitués et qui me voient arriver, m'appellent déjà le Père Noël alors que souvent, je n'ai encore rien fait", explique Jean-Marie. "C'est déjà beau avant d'avoir commencé quand on n'a mis que les blancs.  Ça devient un événement parce qu'on doit décorer pour Noël, ce qui n'était pas le cas avant.  Il y avait des événements comme le passage d'un cirque ou même un nouveau film de fin d'année.  J'étais à Liège par exemple, je faisais le cinéma Concorde, je me rappelle bien, les voisins appelaient la police parce qu'ils me voyaient peindre mais j'avais heureusement un papier, il fallait que je fasse le film de fin d'année, dans le noir, il ne fallait pas que les portes bougent, c'était comme ça que je travaillais".

Aujourd'hui, l'artiste est pensionné mais impossible pour lui d'arrêter de peindre les vitrines pour Noël.  Une sorte d'addiction dont, seule la mort pourrait, dit-il, le soigner.

Natacha Mann

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