Verviers 4800

Le parcours lumineux d'Hind Rabii, designeuse verviétoise

Chaude ou blafarde, douce ou vive… La lumière façonne l’atmosphère d’un lieu.

Un pouvoir qui a séduit Hind Rabii. Depuis 15 ans, avec son époux et associé, elle imagine et crée des luminaires de luxe.

Du verre et du métal, de l’or et de l’ombre. Les courbes et les angles des luminaires d’Hind Rabii se détachent subtilement des murs vert antique. Une ample robe blanche et quelques bijoux discrets, pour son apparence non plus, la créatrice ne laisse rien au hasard. Ici, l’esthétique est valeur reine.

Des artisans Belges et Vénitiens

Aujourd’hui, l’entreprise d’Hind Rabii compte trois salariés, en plus des deux patrons. Dans l’atelier, ils créent les abat-jour, cousent des lanières de cuir ou collent des feuilles d’or. Ce qui n’est pas produit en Belgique vient du nord de l’Italie. " Le verre est soufflé en Italie, les finitions spécifiques comme l’or brossé ou l’or brillant sont faites près de Venise, la céramique aussi ".

Hind Rabii et son époux sélectionnent avec soin leurs sous-traitants. " On travaille avec des petits ateliers, où les artisans se transmettent leur savoir de père en fils ou de père en fille. On ne veut pas travailler avec des grosses structures, ça n’est pas notre gamme ", explique la patronne.

Pour l’instant, l’entreprise Hind Rabii exporte 90% de ses luminaires, vers les Etats-Unis, l’Europe ou encore la Russie. Hind Rabii aimeraient maintenant se faire connaître de ses voisins directs, à Verviers et ailleurs en Belgique.

D’ingénieure textile à designeuse de luminaires

Hind Rabii a toujours été attirée par le design et l’architecture, " une véritable passion ". Pourtant, c’est une voie plus cartésienne qu’artistique que suit d’abord la créatrice. Marocaine d’origine, elle arrive en Belgique à 18 ans à peine. Sa voie semble alors toute tracée : suivre des études d’ingénieure, dans une école supérieure verviétoise et se lancer ensuite dans l’industrie textile.

C’est sur les bancs de cette école qu’elle fait la connaissance de Michel Orban, devenu aujourd’hui son époux et associé. Le secteur textile est en déclin. Prudemment, le couple se lance alors dans la création de luminaires. D’abord elle seule, comme indépendante. Ensuite à deux, au sein d’une entreprise de plus en plus structurée.

" On aurait aussi bien pu créer des chaises ", s’amuse Hind Rabii. " Mais on avait tout de même envie d’un défi technique. Le luminaire c’est un challenge et c’est quelque chose qui évolue toujours techniquement. Les composants évoluent et nous, on doit évoluer avec. "

Un exemple de cette adaptation technologique : aujourd’hui, tous les luminaires d’Hind Rabii peuvent être dirigés par smartphone. " On peut gérer tous les luminaires de la maison avec une même application. On peut choisir d’éteindre ou d’allumer la lumière, mais aussi de faire varier l’intensité. "

Barbara Schaal

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