Berchem-Sainte-Agathe 1082

Le fédéral remonte les bretelles à la Région bruxelloise concernant les pistes cyclables : "Ca va être le chaos"

Le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot (MR), réagit face aux nombreuses pistes cyclables tracées par la Région de Bruxelles-Capitale sur certains de ses grands boulevards. Des pistes qui viennent remplacer des bandes de circulation sur lesquelles il y a peu la voiture restait la reine du macadam.

"Je ne conteste pas le besoin de pistes cyclables", argumente François Bellot.  "Il est évident. Mais il faut synchroniser les actions. Il faut concilier nécessité et priorités :  qualité de vie, environnement, mobilité et économie. Dans ce cas-ci, j’ai l’impression qu’on prend des mesures sans en avoir anticipé les conséquences. Une ville cyclable doit être mûrement réfléchie".

Le fédéral fait-il la leçon à la région ?  "Je tire la sonnette l’alarme"

Ce qui inquiète le ministre fédéral de la Mobilité c’est la rentrée en septembre, alors qu’au cœur de l’été des problèmes de circulation apparaissent déjà : "Dès que les activités reprendront leur cours normal, si on réduit l’espace disponible pour que les voitures entrent dans Bruxelles, il y aura un impact sur la mobilité interne mais aussi externe. Tous les Bruxellois ne disposent pas forcément des transports en commun partout. Dans ce cas, la Région bruxelloise devra assumer. La Région prend aussi seule, des décisions qui auront des conséquences pour les habitants des autres régions qui entrent dans la ville. Je tire donc la sonnette d’alarme, mais je suis disponible pour en discuter avec les gouvernements des autres régions qui sont un peu inquiets de la situation".  Et François Bellot de citer l’exemple du RER : "On sait qu’il sera opérationnel côté wallon, en 2024. D’ici là, on ne peut pas offrir davantage de ferroviaire qu’aujourd’hui. Ne faut-il pas patienter un peu en ce qui concerne les axes entrant dans Bruxelles, que ce soit du nord ou du sud ?"

Des tensions vives entre automobilistes et cyclistes

Il faut dire que des tensions évidentes se sont accentuées depuis l’apparition de ces nouveaux tracés réservés aux cyclistes. Les automobilistes contraints de céder du terrain, rongent leurs freins et leurs volants. Le ministre libéral de toute évidence entend leur récrimination.

"Des pistes cyclables aménagées sur le voirie classique, peuvent fonctionner, mais je crains des aménagements aux carrefours qui seraient proches d’horreurs techniques, et des conflits entre cyclistes ou piétons et automobilistes auront lieu. Les piétons et les cyclistes sont des usagers dits 'faibles'. Ils ont donc légalement la priorité. J’ai déjà été témoin de situations où des cyclistes donnaient des coups de pied dans les voitures au carrefour Arts-Loi. Ce carrefour est très compliqué pour tous et il mérite d’autres aménagements que celui d’aujourd’hui.  Je constate qu’il y a, pour tous, un manque de lisibilité de l’aménagement du territoire".

Je crains le chaos et l’attractivité de la Région bruxelloise risque d’en prendre un coup

"Selon certains spécialistes, la capacité de la mobilité routière aujourd’hui a été réduite de l’ordre de 20 à 25%. Donc la capacité des déplacements en voiture est de l’ordre de 75 à 80% de ce qu’elle était avant la crise du Covid. Je suis favorable au télétravail ou au co-voiturage par exemple, mais l’enquête très récente du SPF Mobilité, montre combien les gens sont encore très attachés à leur voiture. Par ailleurs, certains Bruxellois témoignent qu’ils ont déjà mis deux heures pour parcourir 5 km. La Région bruxelloise doit donc être très attentive à ce qu’elle met en place car finalement, son attractivité risque d’en prendre un coup au profit d’autres parcs industriels comme Alost, Nivelles, Wavre ou Wemmel par exemp

R. De Rath avec I. Louettte

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