Le détecteur de CO2, la petite idée du bourgmestre de Kraainem pour lutter contre le coronavirus

Bertrand Waucquez en est convaincu : pour éviter la contamination, outre les gestes barrières comme la distanciation, le port du masque et le gel hydroalcoolique, il faudrait ventiler les lieux où plusieurs personnes sont susceptibles de se regrouper.

Quand faut-il ventiler ? Pour le savoir, il suffit d’installer dans la pièce un détecteur de CO2. La réponse s’obtient grâce aux couleurs affichées par le petit boîtier noir qui mesure la concentration en CO2.

La lumière verte indique que tout va bien, l’orange, que la qualité de l’air se dégrade, rouge, que la quantité de CO2 rejetée par la respiration des personnes présentes, est trop importante. Il faut donc aérer ou quitter la pièce…

Dans quelques semaines, il faudra refermer les portes et fenêtres

Car le bourgmestre le sait, dans quelques semaines, avec la rentrée et l’automne qui approche, il faudra à nouveau, passer plus de temps à l’intérieur et refermer portes et fenêtres. Comment, alors, éviter le rassemblement de plusieurs personnes dans une pièce, une salle de classe, un café… Ou la salle des guichets à l’administration communale ?

Bertrand Waucquez, qui dans une vie antérieure a travaillé dans le secteur de la construction, estime la dépense dérisoire (quelques dizaines d’euros par détecteur) et aimerait en fournir à tous les lieux de sa commune où la promiscuité pourrait devenir problématique. Une cinquantaine de détecteurs ont ainsi déjà été distribués.


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Le réel intérêt sanitaire du détecteur de CO2 reste à démontrer

L’installation d’un détecteur de CO2 (et donc une meilleure ventilation des locaux) permettrait-il réellement de réduire la propagation du Coronavirus ? L’idée n’a pas reçu de réelle caution scientifique pour le moment. Officiellement, on s’en tient à limiter le nombre d’individus dans un local (des clients dans un magasin ou des enfants dans une classe), sans tenir compte des conditions de ventilation du local.

Toutefois, ventiler reste une bonne idée. Sandrine Bladt, chef de service au laboratoire Chimie et Pollution intérieure chez Bruxelles Environnement, le confirme, sans toutefois établir de lien avec la propagation du coronavirus : "La mesure du CO2 est un bon indicateur pour le taux de renouvellement de l’air, et en période de crise sanitaire il faut insister sur une bonne ventilation. De plus, à l’approche de l’automne, la mesure du CO2 sera vraiment un paramètre intéressant à suivre pour s’assurer d’un renouvellement d’air suffisant dans les milieux intérieurs".
 

Véronique Fievet

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