Le covoiturage, une pratique qui appartient désormais au passé ?

Les temps sont durs pour le covoiturage.

Une pratique qui reste pourtant autorisée, sous certaines conditions. Mais la crise sanitaire a mis un sérieux coup de frein aux trajets partagés.

Un exemple liégeois le montre bien. L’application Victor avait vu le jour à l’automne 2019. Son objectif : proposer une solution simple de covoiturage, pour des trajets courts, dans un premier temps entre le cœur de Liège et le site du Sart Tilman, un peu excentré.

Victor : une application liégeoise de covoiturage, emportée par la crise sanitaire

Chaque jour, des milliers de personnes font ce trajet, seules dans leur voiture, pour se rendre à l’Université ou au CHU. Pourtant, Victor a reçu un accueil plutôt frileux. " Un des plus gros freins était culturel ", estime Mathieu Jaspard, l’un des pères de l’application. " Les gens ont du mal, voire ont peur de partager une voiture pour un trajet de 15 ou 20 minutes de trajet."

Après un départ poussif et quelques semaines à peine après le lancement de l’application, arrive la crise sanitaire. Pour Victor, c’est le coup de grâce. " En mars 2020, le confinement apparaît ", se souvient Mathieu Jaspard. " Les gens ne pouvaient plus bouger et de toute façon, ils n’auraient plus voulu partager un espace aussi confiné. " A cela s’ajoutent des messages officiels, visant à dissuader les voyages en transport en commun. " On a donc fait le choix de stopper le test ", conclut l’initiateur de l’application Victor.

"On a sans doute perdu quelques années"

Un désamour pour les transports partagés qui risque de laisser des traces. " Mon sentiment est que la crise sanitaire n’a rien arrangé et que dans la tête des gens on a fait marche arrière. On a sans doute perdu quelques années, d’ici à ce que les gens pratiquent à nouveau le covoiturage, qui reste pourtant une solution aux problèmes de mobilité ".

Un constat qui n’est bien sûr pas limité à la région liégeoise. La plateforme belge Carpool.be annonçait récemment une dégringolade de son activité : 75% d’annonces de covoiturage en moins.

Barbara Schaal

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