La récente hausse des hospitalisations était prévisible… grâce à nos toilettes

Depuis plusieurs mois, les données récoltées dans les eaux usées wallonnes sont testées, analysées et observées au regard de l’évolution de l’épidémie de coronavirus dans notre pays.

Les eaux de nos toilettes pourraient-elles nous permettre de prédire l’évolution de la situation sanitaire ? Les résultats des comparaisons entre la charge virale et le nombre d’hospitalisations à l’échelle de la Wallonie semblent aller dans ce sens.

Depuis le 16 juin, les déchets recueillis dans huit stations d’épurations du sud de la Belgique sont analysés et suivis par les équipes du centre de crise. L’objectif ? Observer s’il existe un rapport entre le taux de charge virale contenu dans les déchets qui sortent des foyers wallons et les hospitalisations.



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Les hospitalisations prévisibles à neuf jours

Sur base du nombre d’entrées à l’hôpital recensées par Sciensano et des résultats des analyses effectuées, les scientifiques se sont rendu compte qu’il existait un rapport entre les deux courbes. Quand la courbe de la charge virale contenue dans les eaux usées augmentait, les hospitalisations ont suivi la même direction. Toutefois, un décalage de huit jours existe entre les deux courbes. En bref, les analyses de l’eau que nous rejetons de nos toilettes permettent d’anticiper les vagues d’entrées dans les hôpitaux de notre pays.

Sur base de ces résultats, les analystes ont établi un coefficient de corrélation afin d’établir si une charge virale supérieure ou inférieure permet de prévoir une augmentation ou une diminution des hospitalisations et la nature de cette variation, donc le nombre d’hospitalisations qu’une augmentation de cette charge aura effectivement sur les admissions à l’hôpital.

Les scientifiques ont donc conclu que "la charge virale dans les eaux usées semble donc permettre une relativement bonne estimation du nombre de nouvelles hospitalisations 9 jours plus tard".


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Nos toilettes avaient laissé entendre la hausse de fin février

Sur base de ce calcul et des données des prélèvements effectués les 23 et 25 février derniers, auxquels la RTBF a eu accès, la brusque hausse des hospitalisations observée fin février était observable, jusque dans nos toilettes. À l’origine de cette conclusion, l’observation d’une charge virale en augmentation quasi unilatérale dans huit stations d’épuration sur les 16 observées.

RTBF

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