Tournai 7500

La Grande Procession de Tournai sera-t-elle un jour reconnue par l'Unesco?

Un millier de marcheurs et porteurs dans les rues de Tournai ce dimanche. La Grande Procession a animé le centre-ville pour la 850e fois. Un folklore qui commémore une grande épidémie historique de la région en 1090. Il s’agit, non d’une peste comme on l’évoque souvent, mais d’un empoisonnement par l’ergot de seigle. Les malades et ceux qui redoutent la maladie, viennent alors en foule chercher la guérison ou la protection dans la cathédrale de Tournai. La guérison et la disparition de l’épidémie sont, à l’époque, attribuées à l’action de l’Eglise. La procession est calme et silencieuse. Des musiciens animent le cortège mais les porteurs avancent sans parler, sans exaltation, sans joie.

Cette année, la Fédération Wallonie Bruxelles a reconnu ce folklore à l’inventaire des chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel. Un patrimoine culturel qui contribue à la cohésion sociale et qui, selon la Fédération, "stimule les individus à faire activement partie de la société, au sens large. Il est un facteur important du maintien de la diversité culturelle face à la mondialisation croissante." Mais c’est aussi une première étape avant la suivante. La FWB peut ensuite proposer la candidature de la Grande Procession au registre du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

Une procédure qui s’avère longue. Deux ans, une fois que le dossier est complet et déposé devant l’instance internationale. Il faut d’abord obtenir le soutien des autres communautés de Belgique. La route n’est pas impraticable mais l’arrivée à destination n’est pas pour demain. D’autant qu’un critère de sauvegarde vient s’imposer sur le parcours. L’Unesco demande que les autorités puissent démontrer leur volonté de défendre ce patrimoine. En 2020, l’Art musical des Sonneurs de Trompes était reconnu au patrimoine culturel immatériel. Et ce sont les offres de formations, de stages et de concours internationaux qui ont pesé dans la balance.

La Grande Procession de Tournai va encore devoir fourbir ses arguments avant de penser à l’Unesco.

 

Mathieu Van Winckel

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