Berchem-Sainte-Agathe 1082

La gestion de la forêt de Soignes, tout un art

Avec la crise sanitaire, de plus en plus de Belges vont se ressourcer dans la forêt de Soignes. C’est donc l’occasion de se pencher sur sa gestion.

Mais petit rappel tout d’abord sur la caractéristique de cette forêt. Sa particularité, c’est qu’il s’agit d’une hêtraie cathédrale, un site Natura 2000. Et cette forêt est confrontée à différents défis pour l’avenir : le réchauffement climatique et une fréquentation de plus en plus importante.

Le réchauffement climatique

Ce problème n’est pas propre à la forêt de Soignes mais aux espaces qui comportent des hêtres en général. Les sécheresses et les canicules de plus en plus fréquentes engendrent un stress hydrique préjudiciable au hêtre. Le nouveau plan de gestion prévoit de diversifier les essences pour assurer l’avenir de la forêt. Les hêtres et les chênes pédonculés sont donc remplacés peu à peu par des chênes sessiles, des tilleuls et des résineux qui supportent davantage des températures plus élevées et le manque d’eau. Ça ne veut pas dire que le hêtre et le chêne pédonculé vont disparaître. Ils seront maintenus là où les conditions le permettent.

Ces changements, c’est surtout pour assurer l’avenir de la forêt. On évolue vers une forêt plus mélangée, plus diversifiée. L’objectif du plan de gestion est de tenter de maintenir la hêtraie cathédrale sur 20% du massif. Mais c’est la nature qui dictera sa loi…

Couper des arbres, une nécessité

Des arbres malades ou en mauvais état doivent être éliminés pour régénérer la forêt. D’autres sont coupés pour sécuriser les chemins forestiers et des routes. Il faut savoir que les hêtres de la forêt avoisinent les 50 mètres de haut. Et ils sont donc sensibles aux tempêtes notamment. La forêt de Soignes est une ancienne forêt où on constate une surreprésentation des vieux peuplements au détriment des plus jeunes. Couper est donc une question de sécurité. Gérer une forêt, c’est aussi anticiper les risques.

Des troncs morts couchés au sol, pourquoi ?

Cela fait partie d’une gestion durable. Cela permet à l’écosystème de se perpétuer. Les champignons et les insectes participent à la décomposition du bois, qui nourrit alors le sol en matières organiques et minérales.

Victime de son succès

La présence croissante de marcheurs, de joggeurs, vététistes, cavaliers… met la forêt à rude épreuve. Le piétinement entraîne une disparition de la flore et un tassement du sol. Cela perturbe également la reproduction de certaines espèces. Des chevreuils sont parfois attaqués par des chiens. Il faut donc trouver le juste équilibre entre l’accueil du public et la préservation de la biodiversité. C’est la raison pour laquelle des portes d’entrée pour le public sont créées. C’est le cas, à Bruxelles, du Rouge-Cloître et de l’hippodrome de Boitsfort.

L’idée est d’accueillir le public à certains endroits, tout en préservant la quiétude d’une partie de la forêt. Et puis 2 nouveaux surveillants forestiers sont en cours d’engagement pour encadrer davantage le public, puisqu’on sait qu’il y a parfois aussi des tensions entre usagers. Ils rejoignent une équipe de 12 personnes.

C’est l’occasion de rappeler les règles à respecter en forêt !

Rester sur les chemins, garder les chiens en laisse, respecter les chemins qui vous sont dédiés. Les uns pour les cavaliers, les autres pour les cyclistes ou les promeneurs et puis évitez tout simplement de faire trop de bruit.

Chaque lundi, retrouvez les bons plans et infos utiles de Pascale Hourman, porte-parole de Bruxelles Environnement dans Vivre Ici Bruxelles entre 14h et 16h.

Vivacité/Vivre Ici Bruxelles