Koekelberg 1081

La commune de Koekelberg se retire du projet "Cirk" de l'Espace Catastrophe

C'est une tuile qu'ont pris sur la tête les deux responsables de l'Espace Catastrophe, association bien connue des adeptes du cirque à Bruxelles.

Depuis 10 ans, ils portent un projet ambitieux d'espace dédié aux arts circassiens dans un lieu flambant neuf de 3000 mètres carrés dans la petite commune de Koekelberg. Un projet financé à la fois par la Région, dans le cadre d'un contrat de quartier, par l'accord de coopération Beliris et par la commune.

Le nouveau bourgmestre remet tout à plat

En prenant les rênes de Koekelberg, le nouveau bourgmestre (PS) Ahmed Laaouej a commencé par éplucher les comptes. Et ce qu'il a découvert ne lui a pas plu. "Ce projet a été mal géré par le précédent collège", explique Ahmed Laaouej. "D'un financement initial de 6 millions, on est passé à 12 millions. A cause d'un marché public passé hors délai, la commune a perdu 3,6 millions de subsides régionaux. D'autres marchés ont été mal évalués, si bien que le sous-financement global se monte à 4,5 millions. C'est une somme que Koekelberg ne peut pas se permettre de dépenser dans l'état actuel de ses finances".

D'autres priorités

Ahmed Laaouej n'impute aucune responsabilité à l'Espace Catastrophe dans l'échec du projet Cirk. La commune manquant cruellement d'équipements publics (écoles, crèches...) et ne disposant que d'un budget modeste, elle doit faire des choix. Tout en se disant favorable à l'initiative portée par l'Espace Catastrophe, le bourgmestre entend conserver l'équilibre précaire des finances communales et se retire donc du projet. La priorité du nouveau collège porte sur la construction de logements sociaux, d'écoles et de crèches. Sur un budget annuel global de 34 millions, chaque euro compte, assène Ahmed Laaouej.

Catastrophe déçu

Co-directeur de l'Espace Catastrophe, Benoît Litt est encore sous le choc. Pour lui, le choix de la nouvelle majorité est au moins autant politique que budgétaire. "Nous savions très bien qu'il manquait des fonds et nous étions prêts à partir à la recherche de moyens supplémentaires. Mais le nouveau collège a d'autres priorités et nous en sommes les victimes. C'est une énorme opportunité de perdue, un travail de 10 ans."

Pour autant, l'avenir de l'asbl n'est pas compromis. L'Espace Catastrophe peut rester dans les Glacières de Saint-Gilles et y poursuivre ses activités. Mais ses responsables jugent les lieux inadaptés aux nouvelles pratiques circassiennes et rêvaient de prendre un nouvel envol.

Philippe Carlot

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