L'information était manquante : pour les opposants à la 5G, connaître l'emplacement des antennes est une nécessité

Depuis que Proximus a annoncé son souhait d’avancer dans l’implantation d’un réseau 5G le débat autour du développement des réseaux mobiles a été relancé.

Depuis que Proximus a annoncé son souhait d’avancer dans l’implantation d’un réseau 5G le débat autour du développement des réseaux mobiles a été relancé. Le Collectif stop5G s’est mobilisé contre les projets de Proximus, demandant notamment plus d’informations.

Dans ce but, l’accès au cadastre des antennes proposé par l’IBPT sur son site web est nécessaire, selon le Collectif stop 5G, qui a dû constater, fin avril que l’IBPT avait bloqué l’accès à cette information.

Carte bloquée par l’IBPT, mais à nouveau accessible

Aujourd’hui, le site de l’IBPT permet à nouveau d’avoir accès, sur une carte du pays, aux endroits où les antennes GSM sont implantées. Sur une carte satellite interactive, les antennes sont représentées et, pour chacune d’entre elles, les coordonnées et le nom de l’opérateur.

Mais fin avril, l’IBPT, l’organisme fédéral qui supervise les télécommunications en Belgique et veille, notamment, au respect des règles par les opérateurs téléphoniques, avait décidé de fermer ce site web suite aux actes de vandalisme commis, le 19 avril, contre une antenne GSM à Neerpelt, dans le Limbourg. Une antenne y avait été incendiée sur un terrain de football.

Par précaution, l’IBPT avait décidé de ne plus donner l’accès public aux informations relatives à la localisation des antennes pour éviter d’autres dégradations. Le site Web avait été mis hors ligne le 21/4. L’IBPT avait ensuite consulté le Centre de crise et l’Organe de Coordination pour l’Analyse de la Menace. Le 4 mai, ces instances ont donné un feu vert à l’IBPT. La carte interactive des implantations des antennes GSM a donc été rendue accessible à nouveau le 7 mai dernier, selon l’IBPT.

Cette carte constitue un minimum, pour le Collectif Stop 5G

Le Collectif Stop 5G s’était inquiété de l’inaccessibilité de la carte des antennes GSM. Pour le Collectif, la carte est nécessaire. Le fait que l’IBPT en ait bloqué l’accès est, selon, le Collectif Stop 5G, une absurdité : " C’est complètement absurde. Les raisons invoquées sont des raisons de sécurité. Cela n’a aucun sens. On a beau supprimer la carte et l’accès aux informations sur le site web, les antennes restent bien présentes et bien visibles. Si des gens veulent s’en prendre aux antennes pour commettre un acte criminel, les antennes sont parfaitement visibles, donc cela n’a pas beaucoup de sens. C’est une mesure difficile à comprendre qui participe, peut-être, d’une pression faite sur le citoyen pour l’empêcher de réagir ", regrette Francis Leboutte, du Collectif Stop 5G.

Or, pour le Collectif, l’accès aux informations fournies via cette carte interactive est nécessaire. Au moment où le site web de l’IBPT n’était plus accessible, " Nous avons été contactés par des personnes soucieuses de leur santé, parfois électro hypersensibles et qui cherchent à emménager ou déménager et qui veulent se mettre à l’abri le plus possible de ces antennes ", explique Francis Leboutte, du Collectif Stop 5G.

Cependant, explique Francis Leboutte, cette carte pourrait être plus fournie et communiquer d’autres informations " Les informations disponibles sur la carte du cadastre de l’IBPT ne sont pas très fournies. On a juste le nom des opérateurs et aucune information sur les techniques utilisées. Ce serait bien d’avoir des informations sur le type d’antenne, 2G, 3G, 4G, voire 5G dans certaines communes, la puissance des antennes. La puissance est une donnée intéressante pour les personnes qui veulent s’en protéger, puisque la puissance est variable ", poursuit Francis Leboutte. " Il y a aussi, la question de la 5G. Beaucoup de personnes sont à cran par rapport à la 5G. Savoir qu’il y a une antenne 5G sur un site près de chez eux serait aussi une information utile ", explique Francis Leboutte.

Informer sur la puissance des antennes n’est pas une compétence de l’IBPT

Sur ce point, l’IBPT répond et explique remplir la mission qui lui a été assignée. Le site web donnant accès à la carte des antennes GSM du pays est une mise en œuvre de l’Arrêté royal du 2 avril 2014 relatif à l’utilisation partagée de sites d’antennes. L’IBPT communique aux opérateurs une liste complète de tous les sites d’antennes existants et en projet. Chaque mois, chaque opérateur transmet à l’IBPT la liste des sites sur lesquels il est présent ou prévoit de s’implanter. Avec ces informations, l’IBPT est ensuite en mesure de communiquer, par voie électronique, dans ce cas-ci, le site web, des informations pour chaque site d’antennes : l’adresse postale, les coordonnées géographiques, et l’état d’avancement du site.

L’Institut peut, après avoir consulté les opérateurs concernés, ajouter des éléments à cette liste, mais rappelle que les informations en matière de technologie utilisée ou des puissances relèvent d’une compétence régionalisée (environnement). C’est donc vers les Régions qu’il faut se tourner pour en savoir plus sur la puissance, par exemple, des antennes GSM. En effet, souligne l'IBPT, "ni le gouvernement fédéral ni l’IBPT ne sont compétents pour imposer des normes en matière de rayonnement. La Cour constitutionnelle a jugé que les risques liés aux rayonnements non ionisants relèvent de la compétence des Régions, cela relève de leur compétence en matière de protection de l’environnement ".  Ce n'est donc pas vers l'IBPT ni vers la carte de l'IBPT que les personnes électro sensibles ou celles qui veulent s'éloigner des antennes doivent se tourner pour avoir des renseignements.  Pour obtenir plus d'informations sur les normes, la puissance des antennes ou les permis environnementaux, il y a donc lieu de se tourner vers les régions, notamment via leurs sites web : pour Bruxelles, pour la Wallonie et pour la Flandre

Jean-François Noulet

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