L'appel des maisons de repos : des tests, vite, des résultats, vite !

"Il faut écouter le personnel de terrain, tous les soignants.

"

Alors, écoutons-en, puisque cette invitation est répétée depuis des semaines.

Pointons-en trois ce jeudi, en nous tournant vers les résidences de repos et de soins et les hôpitaux.

1) Steve Doyen. Il est le directeur de la maison de repos "Le Christalain", à Jette : "ce n’est pas une deuxième vague, c’est un tsunami."

Une référence à cette tempête d’une force inouïe qui, en décembre 2004, a ravagé plusieurs pays et îles de l’Océan Indien.

Une comparaison osée ? "Si nous ne testons pas à nouveau les asymptomatiques, l’épidémie va se répandre deux fois plus vite."

Selon ce directeur, tout le personnel de ces établissements devrait s’y soumettre :

"Il alterne naturellement le travail avec des résidents vulnérables et le retour à domicile. Nous devons savoir si nos soignants rentrent dans nos établissements avec le virus. C’est un risque pour tous.".

Dans ce sens, il semble essentiel de multiplier des tests : "Mais pas le plus désagréable de tous, à l’aide de l’écouvillon. Une infirmière en a déjà subi dix, avant l’arrêt des tests pour les asymptomatiques. Passons au moins au test salivaire."

Pour lequel le délai d’attente du résultat est reconnu trop long…

"C’est bien la seconde partie du problème. Nous ne pouvons mettre en quarantaine pendant deux, trois ou quatre jours toute personne qui attend le résultat. Tout le service est alors désorganisé."

DES TESTS ANTIGéNIQUES

2) Nicolas Yin est médecin microbiologiste au laboratoire hospitalier universitaire de Bruxelles.

Il n’est pas le seul à applaudir à l’initiative de la Commission européenne de bientôt fournir les États membres de tests antigéniques, de même qu’à l’achat de 100.000 d’entre eux par la Région bruxelloise. Une première commande qui en appelle d’autres.

Ces tests, comparables à celui de la grossesse, définissent s’il y a des gênes de Covid-19 dans le corps.

Contaminé ? Deux traits. Négatif : un trait. Tout test négatif en induit un second, plus classique, pour confirmation.

L’avantage ? "La rapidité du résultat ! Une vingtaine de minutes. C’est aussi une bonne solution pour désengorger les laboratoires."

Pour ce dépistage préventif, la Région bruxelloise donnera la priorité aux personnels et résidents des maisons de repos et de soins et à des établissements tels que ceux qui hébergent des personnes handicapées.

UNE NOUVELLE COLLABORATION

3) Lidwine De Schryver. Elle est la directrice opérationnelle de quinze maisons de repos, "senior living group".

"Depuis quelques jours, nous hébergeons 25 malades en fin d’hospitalisation, de quoi soulager les hôpitaux eux-mêmes."

Une infrastructure spécifique est créée : "c’est une véritable unité, totalement indépendante du reste de l’établissement, avec un personnel qui est dédié à ce type de patients."

Faute d’intervention de l’Inami, le CHR de la Citadelle, à Liège, surchargé, finance lui-même ce type de transferts, dont coût : 40 à 45 euros par jour.

"Et nous supervisons la suite de la convalescence de ces patients, notamment par des contacts téléphoniques réguliers", ajoute Martial Moonen, le chef de service interne et des maladies infectieuses.

Cette collaboration entre les hôpitaux et les maisons de repos et de soins de santé, si rare à l’occasion de la première vague de l’épidémie, est d’ailleurs vivement soutenue par Steve Doyen, même si tous les cas ne peuvent s’y prêter (absence de matériels ou d’équipements spécifiques par exemple) : "mais une infirmière reste une infirmière."

 

Dominique Delhalle

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