Job étudiant : prudence avec le travail au noir...

Chaque lundi dans Vivre Ici, nous vous donnons des conseils et des bons plans en rapport avec les jobs étudiants. Cette semaine, Adeline Dujardin d'Infor Jeunes nous informe des risques concernant le travail au noir.

Ça fait maintenant quelques semaines que vous nous expliquez toutes sortes de limitations imposées aux étudiants jobistes, parce qu’il s’agit d’un vrai statut, qui est entouré d’une législation … et ça, est-ce que certains étudiants ou employeurs ont tendance à l’oublier ?

À priori, les employeurs sont tout à fait au courant que les jobs étudiants sont entourés d’une législation propre, ou en tout cas qu’ils se rattachent à un cadre légal tout court. Par contre, il est clair que le travail au noir et tout ce qu’il entraîne comme irrégularités reste malheureusement très répandu dans le monde du travail étudiant, et ça, ça n’a rien à voir avec " l’oubli ", c’est bien volontaire de la part de l’employeur !

Et du côté étudiant ? C’est volontaire ? Ou ils ne sont généralement pas au courant quand ils travaillent au noir ?

Tout est possible, certains étudiants acceptent sans doute le job en connaissance de cause, mais peut être que d’autres, par contre, ne se rendent pas compte de l’illégalité du job, parce qu’ils n’ont pas perçu les signaux d’alerte ou parce qu’ils ne pensent tout simplement pas que le job étudiant a, lui aussi, un cadre légal.

Vous avez des exemples de signaux d’alerte ?

Celui qui doit alerter le jeune absolument et dès le début, c’est l’absence de contrat de travail écrit, car c’est tout simplement obligatoire. D’ailleurs, lorsqu’un employeur déclare un étudiant, il doit normalement transmettre une copie du contrat, on peut donc supposer que s’il n’y en a pas, l’étudiant n’est pas déclaré. Et alors si le jeune est payé en cash, il n’y a plus aucun doute évidemment.

Concrètement, que risque un étudiant qui travaille au noir ?

Côté sanctions, c’est plutôt sur l’employeur que ça va se retourner. Mais les risques pour le jeunes, c’est que quand on travaille au noir, on n’est pas lié à l’employeur légalement, et cela entraîne que l’employeur n’a pas à respecter d’obligations envers nous puisque, officiellement, on n’existe pas au sein de son entreprise ou de son organisation.

Du coup, l’étudiant n’a tout simplement aucune protection. Autrement dit, en cas d’accident de travail, par exemple, il n’est absolument pas couvert. Et à côté de ça, il n’a aucune garantie d’être payé, d’avoir des horaires corrects, etc.

Et l’étudiant, comment est-ce qu’il peut savoir si son job est bien déclaré ? Parce comme vous dites, il peut arriver qu’il ne soit même pas au courant qu’il participe à du travail au noir …

S’il a un doute, son compteur d’heures prestées, sur student@work, peut déjà lui indiquer s’il a raison de s’inquiéter ou non, parce que c’est un compteur automatique généré par l’ONSS donc toutes ses heures doivent s’y retrouver. Et pour avoir une confirmation formelle, il peut s’adresser directement à l’ONSS.

Qu’est-ce que vous diriez aux étudiants qui travaillent au noir qui nous écoutent peut-être ?

Qu’ils se rappellent que, puisqu’ils ne sont pas liés l’employeur, ils peuvent partir du jour au lendemain s’ils se sentent en insécurité, il ne faut pas croire l’employeur s’il parle de préavis à prester ; il est en dehors de la loi donc l’étudiant n’a aucune règle à respecter non plus, finalement.

Et pour terminer, je dirais que, franchement, l’étudiant n’a aucun avantage à travailler au noir, la législation est faite pour que le job étudiant soit avantageux, notamment grâce à aux cotisations réduites, à la compatibilité avec les allocations familiales, … alors autant éviter de jouer avec le feu !

Donc, les jeunes : fuyez les jobs au noir et en cas de doute, consultez votre compteur student@work, contactez l’ONSS ou renseignez-vous auprès d’Infor Jeunes sur actionjob.inforjeunes.be !