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Inondations: «Dans les années 2030, on pourrait connaître des événements similaires»

Le climatologue Xavier Fettweis s’est exprimé devant la commission parlementaire inondations. Pour lui, la catastrophe était prévisible dès le lundi 12/7 et elle est clairement due au réchauffement climatique.

Ce jeudi, la commission parlementaire sur les inondations a entendu Xavier Fettweis, le Directeur du Laboratoire de Climatologie de l'Université de Liège. Selon lui, dès le lundi 12 juillet, tous les modèles météorologiques étaient d'accord : on allait connaître un épisode pluvieux hors normes et des inondations.

 

Le scientifique pointe aussi les causes de ces inondations catastrophiques : le réchauffement climatique augmente l'humidité dans l'atmosphère et donc le risque d'importantes précipitations. Il faut donc craindre la répétition de fortes pluies entraînant des inondations dans les 10 à 30 ans.

 

Nous avons rencontré Xavier Fettweis la veille de son audition lors de notre émission spéciale inondations.  

 

>>> REVOIR notre émission spéciale "Inondations"

 

Est-ce que sur un plan météorologique, on peut qualifier ce qu'il s'est passé ?

 

Il est tombé en trois jours deux fois ce qu'il tombe pendant le mois de juillet en moyenne. Depuis les années 50, on n'a jamais connu un tel événement. Le dernier événement similaire, c'était en septembre 1998 mais cette année, on était 25% au-dessus de cet événement-là en termes de quantités de précipitations.

 

Est-ce que le réchauffement climatique est en cause ?

 

Une étude qui est parue au mois d'août conclut que le réchauffement climatique est bien responsable de cet événement. Pour un degré d'augmentation de la température, il y a 7% d'humidité dans l'atmosphère en plus donc évidemment, ça augmente les quantités de précipitations. En plus, le réchauffement climatique favorise le ralentissement de la dynamique atmosphérique, cela veut dire que quand il pleut, la pluie reste beaucoup plus longtemps au même endroit, ce qui génère des inondations ou alors des canicules et des sécheresses prononcées, si on est à un endroit où il ne pleut pas.

 

Cela signifie-t-il qu'il faut s'attendre à revoir des épisodes comme celui de juillet dernier ou pas nécessairement ?

 

A l'université de Liège, on développe un modèle régional, on fait un zoom sur la Belgique des projections du GIEC et le modèle suggère que dans les années 2030, on pourrait encore observer ce genre d'événement. Par contre, plus le réchauffement climatique se poursuit, à la fin du siècle, il pourrait faire trop chaud et trop sec en été pour observer de tels événements. Plus il va faire chaud, plus les étés en Belgique vont être secs et à un moment donné, il n'y aura plus assez d'eau dans l'atmosphère pour générer un tel événement. Évidemment c'est dans l'hypothèse où le réchauffement climatique se prolonge mais la Belgique, et j'espère qu'elle va continuer, s'est engagée à limiter le réchauffement climatique à 1,5 / 2 degrés. Cela veut dire qu'on va arriver à un climat proche de celui prévu pour les années 2030 où là, on aurait ce genre d'événement relativement souvent.

 

Qu'est-ce que vous entendez par « relativement souvent » ?

 

Le modèle suggère un retour de 10 à 20 ans dans la région de Liège pour un tel événement. Si le réchauffement climatique se maintient à 1,5 / 2 degrés, on est vraiment dans des conditions favorables pour ce genre d'événements.

Le climatologue Xavier Fettweis s’est exprimé devant la commission parlementaire inondations. Pour lui, la catastrophe était prévisible dès le lundi 12/7 et elle est clairement due au réchauffement climatique.

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