Infirmiers de rue lancent un appel : "Ensemble nous pouvons mettre fin au sans-abrisme"

Bruxelles compte plus de 750 personnes sans-abri et mal logées, Liège 500.

Ils sont les grands oubliés de la crise actuelle et pourtant les chiffres sont interpellant. Bruxelles compte plus de 750 personnes sans-abri et mal logées, c’est-à-dire en hébergement précaire ou d’urgence et à Liège, on estime à environ 500 le nombre de personnes dormant dehors. 

"Au début avec la crise du Coronavirus, on a vu que cette partie de la population a été oubliée. Ce sont les seuls gens qui sont restés dans la rue et la crise a accentué encore la misère. On veut montrer que c'est une population dont on n'a pas tenu compte. C'est aussi une population vulnérable et au niveau de leur santé, ils ne sont pas en très bonne condition, du à leur parcours en rue. Heureusement, le virus n'a pas fait de gros dégâts dans cette population, dû au fait que ces gens vivent très isolés de la société", commence par nous dire Koen Van Straatverplegers, responsable communication chez Infirmiers de rue.

Passer d’une politique d’urgence à des solutions durables

Du coup, l'association Infirmiers de rue souhaite sensibiliser en cette période de fin d'année et montrer qu'il est possible de sortir tous les gens de la rue. "Ensemble, nous pouvons mettre fin au sans-abrisme", continue Koen. "Il faut faire entrer l'idée qu'il est possible de mettre fin au sans-abrisme et sortir du cliché que les gens ne veulent pas sortir de la rue. S'ils sont réticents aux aides au début, c'est normal, car il y a une perte de confiance envers la société. Mais sur les dix dernières années, on a sorti 140 SDF. On voit que c'est possible de sortir tous les autres, c'est donc une question de la volonté."

Pourtant, le nombre de personnes sans-abri ne semble pas diminuer dans les rues de Bruxelles ou Liège, bien au contraire. Dans ce cas, où se situe le problème ? "Il est plus que temps que notre société ne considère plus comme normal que des gens vivent en rue. Il faut un changement de paradigme : donner une priorité aux solutions durables plutôt qu’aux mesures de gestion de crise, telles que les plans hiver ou la création d’abris de nuit", ajoute le responsable communication.

Des solutions à portée de mains

Infirmiers de rue fait donc appel aux dons mais pas que. Il y a une réelle volonté de sensibiliser la population à cette problématique. "Oui, on a besoin d'argent pour continuer ce travail. On veut aussi promouvoir la fin du sans-abrisme, car on sait qu'avec nos actions, on n'arrivera jamais à résoudre tous les soucis. On a besoin de toute la société et comprendre qu'il faut aller plus loin. C'est aussi une question politique et sociétale qu'il faut mettre à l'agenda."

En attendant que les mentalités évoluent et que le politique en fasse plus, l'ASBL continue ses démarches sur le terrain, afin que les plus vulnérables soient aidés à retrouver un logement et ne retournent pas à la rue une fois relogés.

Quelques chiffres interpellant :

  • 750 personnes sans-abri dorment en rue à Bruxelles
  • 500 personnes sans-abri estimées à Liège
  • 78% dorment fréquemment à l’extérieur
  • 51% n’ont aucune source de revenus
  • 49% ont été agressées en rue
  • 35% n’ont plus de logement stable depuis plus de 3 ans
  • 35% sont suivies par l’ASBL Infirmiers de rue

Infirmiers de rue :

L’ASBL Infirmiers de rue est une organisation médico-sociale active depuis 2006, qui a l’ambition de mettre fin au sans-abrisme à Bruxelles. L’ASBL plaide pour des solutions durables. En 10 ans, l’association a sorti plus de 140 personnes de la rue.

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P.L.