Florennes 5620

Il n'y en a aucune en Belgique: Sandrine, 23 ans, veut devenir pilote de chasse

Dans le bus qui la transporte à l’intérieur de la base militaire de Florennes, Sandrine Bastogne est la seule femme.

Tous les autres inscrits à cette journée de découverte du métier de pilote de chasse sont des garçons. "Il y a quelques années, je manquais encore de confiance en moi, je n’aurais jamais osé débarquer comme ça dans un milieu aussi masculin. Mais j’ai mûri et je me sens prête."

La jeune femme de 23 ans a déjà obtenu une licence de pilote pour les petits avions. "L’envie de voler a démarré quand j’avais 11 ans, dans un stage de parapente. Le papa d’une amie est pilote de ligne. Et quand je l’entendais parler de son métier, je me disais : c’est ça que je veux faire."

Mais pilote de chasse, c’est encore autre chose que pilote de ligne. "Si je peux allier ma passion avec une mission de défense du pays, c’est encore mieux." Sandrine sait pourtant qu’il y a loin de la coupe aux lèvres, du rêve à la réalité. Mais elle commence à y croire. "J’ai passé les premiers tests médicaux hier, et je commence à préparer l’examen d’entrée prévu au mois de juin. Ce matin encore, je révisais des maths.

Pas une seule femme pilote de chasse actuellement en Belgique

Actuellement, sur la centaine de pilotes de chasse de l’armée belge, il n’y a pas une seule femme. "Ce n’est pas une question d’aptitude, estime le commandant de la base de Florennes, Philippe Goffin. Les femmes sont aussi capables que les hommes de piloter un avion de chasse. C’est un problème de vocation. Très peu de femmes tentent leur chance."

Sans doute à cause d’une accumulation de barrières culturelles qui éloignent les filles : les maths, les sciences, la technique et surtout l’armée où 10% seulement des recrues sont des femmes.

Sandrine, en tout cas, a franchi la première étape : elle s’est inscrite. Le plus dur est devant elle : passer les tests médicaux très exigeants pour devenir pilote de chasse, réussir l’examen d’entrée en juin et suivre la formation de trois ans proposée par l’Armée de l’air.

François Louis

Retrouvez l'article original sur RTBF